Janis Otsiemi – African tabloïd

1511341_878726878809898_4359751977834982334_n4ème de couv.

Libreville. 2008 :
Un an avant les élections, un type est retrouvé mort sur une plage de Libreville, près du palais de la présidence de la République, une balle dans la gorge et deux doigts de la main gauche coupés.

La victime est un journaliste d’investigation connu pour ses enquêtes très sensibles sur le pouvoir dont il dénonçait la corruption et la main mise sur les affaires du pays.
Pour la corporation, la société civile et les associations de défense de la presse, il s’agit là, à l’évidence, d’un assassinat politique.

Mais à Libreville, comme partout ailleurs en Afrique, les apparences sont souvent trompeuses…

Ce que j’en pense:

Après « Le chasseur de lucioles », c’est avec gourmandise que je me suis plongé dans « African tabloïd », avec toujours le secret espoir d’y retrouver mon passé. Janis Otsiemi, par le biais de trois enquêtes distinctes, menées par la PJ et la gendarmerie, nous brosse un tableau sans concession du Gabon et de sa capitale Libreville, où les bâtiments ultramodernes voisinent avec les « matitis », bidonvilles sans eau ni électricité, desservis par des pistes de terre, à un jet de pierre du centre-ville. Ce Gabon qui malgré tous les atouts dont il est doté, peine encore à entrer dans le XXIème siècle.

L’intrigue en elle-même n’a rien de particulièrement palpitant, ce qui fait l’intérêt de ce roman est la peinture qu’Otsiemi fait de la société Gabonaise, de ce pays peuplé par des dizaines d’ethnies différentes, de la corruption endémique qui y sévit à tous les étages de l’administration, et même les policiers de base tout en accomplissant leur mission de manière efficace, cèdent régulièrement à la tentation du racket et des brutalités policières.

Les pratiques héritées de la Françafrique ont laissé des traces profondes dans ce pays, dont on ne sait si elles pourront s’effacer un jour, étant tellement ancrées dans les mentalités.

Ensuite, il y a le style, cet humour désabusé et ce talent de conteur, de griot, dans ce texte, pimenté d’expressions du cru qui renouvellent la langue française, qui m’ont fait sourire tant elles sont explicites dans leur originalité.

Un bon polar, ancré dans une Afrique désenchantée, qui ravira tous ses amoureux.

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Une réflexion sur “Janis Otsiemi – African tabloïd

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