Harry Crews – Nu dans le jardin d’Eden

1795505_834656439883609_1605205455_n4ème de couv.

Garden Hills a connu des jours heureux. À l’époque où Jack O’Boylan, un magnat de l’industrie, a fait construire le village au fond d’une mine de phosphate qu’il a découverte et exploitée. Travail assuré, salaire, sécurité. Puis, les hommes de Jack ont quitté la place. Le créateur a abandonné sa création, la mine a fermé, les habitants ont déserté le village.

Seules une douzaine de familles ont résisté, constituant une véritable cour des Miracles qui vit aujourd’hui encore dans l’espoir du retour de Jack O’Boylan. Le village pourrait néanmoins renaître seul de ses cendres grâce à Fat Man, qui a hérité de son père, propriétaire des terrains avant la construction de la mine, une incroyable fortune. Mais personne n’attend plus rien de lui : Fat Man est un obèse qui passe son temps reclus dans sa maison à ingérer d’énormes quantités de nourriture en ignorant le monde extérieur.

Reste Dolly, une ancienne reine de beauté, dont le souhait le plus ardent est de convertir Garden Hills à la modernité, c’est-à-dire au tourisme et à la débauche. Rapports de forces, manigances amoureuses et sexuelles, trahisons et machinations … Dolly ne lésinera sur rien pour abattre les vieilles idoles et mener son projet à bien.

Ce que j’en pense:

« C’est le meilleur roman que j’aie écrit. Au moment où je l’ai terminé, je savais que jamais je ne ferais rien d’aussi bon. » Harry Crews

C’est le premier roman que je découvre de cet auteur, et c’est une pépite. Il a été écrit en 1969 et traduit en 2013. On y découvre, au travers de ces quelques familles qui s’accrochent au souvenir d’une prospérité passée, et dans l’attente du retour de Jack O’Boylan, symbole de plein emploi et de prospérité, survivent là, cette « cour des miracles » qui n’est pas sans rappeler les « Freaks » de Tod Browning. Au-dessus de cette cour trône Fatman, dont l’influence ne cesse de décroître au bénéfice de Dolly, qui a appris de son séjour à New York, ce qui fait courir le monde : le sexe, et l’exploitation des vices des hommes. Par petites touches, elle met son projet en place, jusqu’à faire de leur vie un spectacle, au bénéfice des touristes, et met en place la chute de l’idole, pour un final étourdissant.

Une merveilleuse écriture, âpre et poétique, teintée de quelques touches d’humour, mise au service d’une histoire à l’ironie cruelle et grinçante, mais aussi nimbée de beaucoup de tendresse et d’humanité. Un grand roman, à découvrir…

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