Robin Cook – Quand se lève le brouillard rouge

10366171_891988007483785_3063488235034767221_n4ème de couv.

A sa sortie de prison, Gust, gangster professionnel, dérobe avec quelques complices deux mille passeports britanniques authentiques dont le prix minimum au marché noir est de mille livres l’unité.

Un joli pactole que des truands londoniens veulent négocier avec des éléments désormais incontrôlés de l’ex-KGB qui veulent se refaire une identité respectable et écouler des têtes nucléaires en provenance des arsenaux de l’ex-armée rouge.

Mais les services secrets anglais du contre-espionnage sont sur l’affaire. Ils finissent par récupérer les passeports, sauf deux, dont a bénéficié un couple d’aventuriers désireux de participer à la grande braderie nucléaire.

Ce que j’en pense:

Dès l’entame du roman, l’auteur nous plonge dans un milieu qu’il affectionne, le quartier des bars de SoHo, entre les ruelles mal famées et les meublés sordides, dans le Londres de la fin des années Thatcher, parmi des petites gens sans espoir d’un avenir meilleur. C’est dans ce monde qui lui était familier et où il a ses repères, que Gust va évoluer, pour tenter de se sortir de la nasse dans laquelle il s’est enferré.

Il se retrouve coincé entre les truands, les services de renseignement et les policiers et tous veulent lui mettre la main dessus, chacun pour différentes raisons. Il ne lui reste que peu d’amis à qui demander de l’aide, et tous disparaissent les uns après les autres, jusqu’à Petal, la femme qu’il a toujours aimée, torturée et sauvagement assassinée pour essayer de l’atteindre lui.

Robin Cook décrit à merveille le désespoir et l’obstination de cet homme blessé, qui avance vers son propre malheur, incapable de résister à l’implacable destin qui lui est promis. A un tel point de désintégration sociale et personnelle, dans un monde où la violence est monnaie courante, il n’a d’autre alternative que de tuer ou être tué. Il nous dépeint de façon fort réaliste l’ambiance de ces bars glauques, car on ne parle bien que de ce que l’on connaît.

Cette courte interview en est l’illustration.

http://youtu.be/VcvU4SW94GE

Les personnages sont bien campés, et chacun d’eux a en lui la même noirceur qui baigne toute l’histoire. Même les représentants de l’ordre ne sont pas irréprochables. Seuls Gust, son ami Johnny et Petal nous sont présentés sous un jour plus sympathique. Le style est direct, percutant, le récit est ponctué de scènes où la violence est présente, mais cette violence n’est pas gratuite, elle sert le propos de l’auteur.

La sècheresse, voire la brutalité du ton n’arrive pas à masquer l’immense empathie de l’auteur envers ses personnages. Il parvient quand même dans cet univers très noir, à nous réserver quelques touches d’humour, venant adoucir la noirceur et le désespoir omniprésents dans ce roman. Et quand enfin se lève le brouillard rouge, Gust voit clairement, il sait vers où il doit aller.

Cette scène finale, empreinte d’une intense émotion, donne à ce dernier opus valeur de testament, laissant le lecteur orphelin de toutes les histoires que l’auteur portait encore en lui.

L’AUTEUR:

R cookEn dehors de la France, Robin Cook est connu sous le pseudonyme de Derek Raymond. La faute à l’écrivain américain Robin Cook, spécialisé dans le thriller médical de série.

Fils de bonne famille, Robin William Arthur Cook né en 1931, passe sa petite enfance à Londres, puis dans le Kent pendant la guerre. Après un « bref » passage au prestigieux collège d’Eton, il part à la découverte du monde. Il a fait une multitude de petits métiers, parmi lesquels chauffeur de taxi, ce qui lui permettra d’acquérir une incroyable connaissance du Londres populaire. Il meurt à Londres en 1994.

Doué d’une plume ravageuse, Robin Cook figure parmi les maîtres du roman noir du XXe siècle.
Les lecteurs se souviendront de R. Cook comme d’un romancier déchiré par le besoin de comprendre le côté sombre de l’âme humaine, mais ceux qui l’ont connu se souviendront d’un homme d’un optimisme, d’un courage et d’un humour sans limites, un homme dont l’extraordinaire enthousiasme avait le pouvoir de transformer l’ambiance autour de lui.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s