René W. Milly – Mémoire et homicides

memoire-et-homicides4ème de couv.

« Cette année-là Amédée Constant avait donné le signal d’ouverture des hostilités de la saison estivale. En dégommant la balayeuse municipale à l’heure de la sieste, à coups de calibre 12. » Ils ont le caractère vif, les octogénaires de Bastide d’Aigues. Tout du moins jusqu’au moment où ils se font éliminer des registres de l’état-civil par de mystérieux malfaisants. L’ex-commissaire Gérard Germain en oublie ses problèmes de cœur et se trouve entraîné malgré lui dans une série de crimes qui troublent l’été d’un village pas paisible du tout, dans les collines du Lubéron. Malgré une évidente bonne volonté de vouloir plonger ses lecteurs dans d’effrayantes ténèbres, René W. Milly ne peut s’empêcher de dériver vers des assassinats primesautiers, commis par des personnages d’une réjouissante crapulerie.

 

Ce que j’en pense :

C’est marrant, à la lecture de ce roman, j’ai pu croire que l’auteur avait déjà séjourné dans mon petit village. L’épisode de l’excité qui tire au fusil de chasse au-dessus des musiciens de l’orchestre, je l’ai vécu « en live », et les platanes de la grand place s’en souviennent aussi.

Ce haut fait d’armes n’est que le prélude à une kyrielle de décès plus ou moins suspects, plutôt plus que moins, en vérité.

A qui profite le crime et que cachent tous ces décès ? Des magouilles immobilières pour l’acquisition de terrains en vue de la création d’un complexe hôtelier et touristique?
Ou bien, tout simplement une vengeance, en gestation depuis des évènements tragiques qui se seraient passés au village, à la Libération.

Gérard Germain, propriétaire d’une maison depuis une quinzaine d’années, et toujours considéré par les gens du cru comme un « étranger pas d’ici », c’est à dire provenant de toutes les régions peu ou mal connues de l’hexagone, va inéluctablement se sentir concerné, d’autant que depuis quelque temps, un agent immobilier fait le forcing pour lui proposer d’acheter sa maison.

L’apparition d’une jeune femme à la séduction torride fera oublier un moment à notre héros ses problèmes de cœur, et altérer un peu sa capacité de jugement, plus attentif à ses courbes qu’au déroulement de l’enquête.

Les personnages sont hauts en couleurs, presque trop vrais. Depuis notre héros, commissaire en retraite, le mobile calé au creux des reins, au même endroit où il gardait son arme de service.

Également de la partie, Géronimo, un américain ancien du Vietnam, sorte de hippy soixante huitard, qui vit de petits boulots, et qui va mettre son expérience militaire au service de Gérard.

L’humour et la dérision, présents à chaque page, n’empêchent pas que l’intrigue soit solidement ficelée et que l’on doive attendre les tout derniers chapitres pour avoir une vue d’ensemble de la situation.

De plus, la description de ce village du Lubéron est très bien rendue. On a vraiment l’impression d’y être, aux terrasses des bistrots sous les platanes, à écouter les galéjades et les jugements à l’emporte-pièce. « Ce n’est pas qu’il y ait plus de crétins en Provence que dans les autres régions, c’est simplement qu’ici ils parlent plus fort. C’est le climat qui veut ça. »

J’ai passé un agréable moment de lecture avec ce réjouissant polar « noir et rosse », comme le définit son auteur, un excellent remède contre la morosité.

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