Bernard Minier – N’éteins pas la lumière

Attention!!! Ceux qui n’ont pas lu les précédents livres de Bernard Minier pourraient trouver quelques spoilers...

n-eteins-pas-la-lumiere-412100-250-4004ème de couv :

Christine Steinmeyer croyait que la missive trouvée le soir de Noël dans sa boîte aux lettres ne lui était pas destinée. Mais l’homme qui l’interpelle en direct à la radio, dans son émission, semble persuadé du contraire… Bientôt, les incidents se multiplient, comme si quelqu’un avait pris le contrôle de son existence. Tout ce qui faisait tenir Christine debout s’effondre. Avant que l’horreur fasse irruption.

Martin Servaz, de son côté, a reçu par la poste la clé d’une chambre d’hôtel. Une chambre où une artiste plasticienne s’est donné la mort un an plus tôt. Quelqu’un veut le voir reprendre du service… ce qu’il va faire, à l’insu de sa hiérarchie et de ses collègues.

Et si nos proches n’étaient pas ce que nous croyons?? Et si dans l’obscurité certains secrets refusaient de mourir?? Non, n’éteignez pas la lumière, ou alors préparez-vous au pire…

Ce que j’en pense :

A la frontière de la Pologne et la Biélorussie, Martin progresse dans la neige vers une cabane isolée. Dans cette cabane, sur une table git le cadavre éventré de Marianne, encore chaud et fumant dans l’air glacé… Un cauchemar.

On avait laissé Martin Servaz dans un triste état, après sa précédente affaire où le psychopathe Hirtmann, personnage de ses deux précédents romans « Glacé » et « Le cercle », lui avait échappé en lui enlevant Marianne, son amour de jeunesse qu’il avait retrouvée, au cours de l’enquête dans laquelle était impliqué Hugo, le fils de celle-ci. Peu après sa disparition, il lui avait adressé un colis contenant le cœur de Marianne.

Il est dans une maison de repos pour soigner sa dépression, s’accommode tant bien que mal de son inactivité, quand un jour il reçoit un mystérieux paquet : une carte magnétique, clé d’une chambre d’hôtel où un an auparavant, une artiste s’est suicidée. Quelques jours après, il reçoit une photo de la station spatiale internationale.

Dans le même temps, Christine Steinmeyer, animatrice vedette à la station Radio 5, trouve dans sa boîte aux lettres une lettre d’une personne annonçant son suicide. C’est le début d’un processus de harcèlement, qui peu à peu tend à l’isoler, tant dans son travail que dans sa relation sentimentale. Elle se décide à aller voir la police, mais toutes ses démarches se retournent contre elle, et de victime, elle devient suspecte, et de là elle perd son travail, doit faire face à des accusations de harcèlement…

Sur ces deux destins en parallèle, Bernard Minier nous compose une partition extrêmement prenante, détaillant la manipulation dont est victime Christine et nous propose une analyse très fouillée de la psychologie de cette femme, multi phobique depuis son adolescence, après le décès de sa sœur ainée, qui semblait catalyser sur elle tout l’amour de ses parents. Mais malgré tout, Christine n’est pas une victime consentante, elle se bat, résiste à la folie que l’on veut lui imposer.

De son côté, Martin est tenaillé par la curiosité. Et bien qu’il soit en arrêt de travail, et n’ait aucun droit d’enquêter, il va activer tous ses contacts et ses réseaux pour lui obtenir toute l’aide possible. Le travail de flic, c’est ce qu’il fait de mieux et qui est le plus à même de l’amener sur la voie de la guérison.

L’auteur situe l’enquête dans un Sud-Ouest hivernal, dans la ville de Toulouse qui héberge le Centre spatial, lequel a son importance dans l’histoire. La ville est sous un froid glacial, ce qui ajoute encore à l’atmosphère étrange qui se dégage de cette histoire.

C’est un roman très violent, dans les actions des protagonistes et leurs sentiments exacerbés : amour, jalousie, haine, ambition, tous sont poussés à l’extrême. Tous les personnages ont des personnalités particulièrement riches et complexes et, mis à part Servaz, aucun n’est vraiment ce qu’il parait être.

Ce roman attaque fortissimo avec une scène de crime sanglante, dès la première scène de cet opéra en trois actes, que l’auteur dirige avec maestria, nous imposant ses variations de tempo, quelques plages de calme relatif avant de nous emporter vers un final qui va crescendo, avant la note finale, forcément inattendue et porteuse d’espoir pour Martin.

Un très bon roman, que l’on a du mal à lâcher, sur l’emprise psychologique, le harcèlement moral et la manipulation perverse.  Avec un petit intermezzo documentaire sur la cité des étoiles de Baïkonour et les vols habités. A mi-chemin entre les codes du roman à suspense psychologique et du polar classique, Bernard Minier, tel un funambule sur son fil, se balance avec grâce entre ces deux genres, pour le plus grand plaisir du lecteur.

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