Glen David Gold – Carter contre le diable

Carter_contre_le_diable4ème de couv.

1920, San Francisco. Carter le Grand, l’un des prestidigitateurs les plus célèbres du pays, donne ce soir-là un spectacle exceptionnel devant le président des États-Unis, Warren G. Harding, qu’il invite sur scène pour participer à l’un de ses stupéfiants numéros. La représentation est un triomphe mais, quelques heures plus tard, le président meurt mystérieusement dans sa chambre d’hôtel. Sachant qu’il va être suspecté, Carter disparaît afin de mener sa propre enquête. Aurait-il eu des raisons de se débarrasser du locataire de la Maison Blanche ? L’agent Griffin, des services secrets, se lance alors à ses trousses. Mais affronter un génie du trompe-l’œil et de l’illusion tel que Carter ne va pas être chose aisée.
Dans les années folles, au début du 19ème siècle, avant l’essor du cinématographe, le divertissement était cantonné aux théâtres ou évoluaient des acteurs, chanteurs, gens de cirque et autres prestidigitateurs. Dans les années 20, le monde avait besoin de s’étourdir, de s’émerveiller pour se sentir à nouveau vivant. Les spectacles de magie tenaient le haut du pavé. C’est dans ce cadre que Glen David Gold place son roman, inspiré par des personnages ayant existé, et met en scène la mort du président Warren Harding et son empoisonnement supposé. Le lever de rideau nous décrit le spectacle ou le président est mis à contribution, puis disparaît. L’agent Griffin, du Secret service, se lance sur les traces de Carter, convaincu qu’il est impliqué dans la mort du Président.

Ce que j’en pense :

La mort du Président Harding qui nous est relatée dès le lever de rideau, est anecdotique. Elle n’est que le point de départ d’un récit, prétexte à raconter la vie d’hommes et de femmes aux destins différents, dans ce début d’ère industrielle moderne où des nouvelles formes de divertissement commencent à se manifester. La jeunesse de Carter, la découverte de sa vocation pour la magie, ses progrès dans ce métier qu’il a choisi, ses rencontres amoureuses, l’ affrontement avec son ennemi juré Mystérioso, un autre magicien, sont le fil rouge de ce récit, hommage vibrant à une époque révolue et à une profession quelque peu surannée.

Malgré sa longueur (800 pages), ce kilo de littérature est parfaitement digeste, absolument bien écrit et scénarisé, avec un art consommé pour nous tenir captifs, nous forcer à avancer de chapitre en chapitre au fil des aventures de Carter, de ses succès et de ses échecs.

Les personnages sont très bien dessinés, avec un mélange bien dosé entre personnages réels et imaginaires : Carter bien sûr au premier chef, fascinant magicien, toujours en quête d’illusions inédites, Griffin l’homme des Services secrets, qui a été placardisé pour n’avoir pu empêcher la mort d’un président, et qui s’obstine à vouloir voir en Carter un coupable, même lorsqu’on le met au-devant de la réalité. Mystérioso, particulièrement retors et cruel, est un méchant que l’on aime détester. Les deux personnages féminins aimées de Carter, Sarah Annabelle volontaire et bagarreuse, Phoebé sensible et intuitive, sont touchantes, chacune à sa manière.

J’ai bien aimé la manière de l’auteur d’inclure dans le spectacle de Carter des nouveautés, qui font aujourd’hui partie de notre quotidien, la télévision inventée par le jeune Philo Farnsworth jeune étudiant de l’Utah, une motocyclette R32 de Bayerische Motoren-Werke « frappée du logo de Max Friz, un cercle divisé en quartiers bleus et blancs, seule touche de couleur. »

Ce roman, pas vraiment un thriller, nous transporte dans le monde de l’imaginaire, du surnaturel et du merveilleux. On passe du rire aux larmes, de l’espoir à l’abattement le plus total, en totale osmose avec les personnages, au rythme des hauts et des bas que connaissent Carter et ses amis. Et au bout de ce marathon d’aventures, de magie et d’amour, quand viendra enfin l’heure des révélations  Carter nous contera, à la toute fin, l’étonnant récit de son implication dans le mystère de la mort du président Harding, laissant sans voix le suspicieux Griffin et le lecteur, spectateur émerveillé de cette féérie, absolument comblé, le cœur battant, ému aux larmes, des rêves plein la tête et des étoiles plein les yeux. Et c’est vraiment ça la magie au cœur de ce magnifique roman, inclassable et merveilleux…
A découvrir de toute urgence!

Publié par Super8 Éditions 2014

L’auteur :

glen david goldGlen David Gold (né en  1964) est un auteur américain. Son roman « Carter contre le Diable », biographie romancée d’un illusionniste américain, fut unanimement saluée par la critique. Son second roman « Sunnyside », n’a pas encore été traduit en français.
Il est également l’auteur de nouvelles et a participé à l’écriture de Comic books

(Source : Wikipédia)

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14 réflexions sur “Glen David Gold – Carter contre le diable

  1. J’avais espéré une chronique telle que celle-ci, venant de ta part. J’en verserais presque une larme moi même tellement je suis content de lire tes mots et de me retrouver dans ta chronique.
    Ce livre est inoubliable pour moi, Carter est toujours présent dans mon esprit, de longs mois après cette lecture
    Donc merci mon ami 😉

    Aimé par 1 personne

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