Ned Crabb – La bouffe est chouette à Fatchakulla

Crabb4ème de couv.

Dans le comté de Fatchakulla (Floride), on a toutes sortes de spécialités. Au choix : bayous spongieux, ratons laveurs, alligators, demeurés fornicateurs et superstitieux. Comme l’on dit dans les guides, l’endroit mérite un détour. Surtout depuis qu’y sévit un pittoresque assassin qui non seulement tue ses victimes, mais sème les morceaux des cadavres aux quatre vents. La plupart des habitants crèvent de trouille et accusent le fantôme local. Le shérif n’est pas né de la dernière pluie, le lecteur non plus. Alors, prenez vite un billet pour Fatchakulla et n’oubliez pas l’humour dans vos valises.

Ce que j’en pense :

 Un samedi soir, vers 10h, un jeune garçon du nom de Module Lunaire Barlow, ainsi nommé car né le même jour que l’atterrissage d’Apollo XI dans la mer de la tranquillité, s’en allait chercher des vers de nuit, pour aller pêcher à la perche le lendemain matin. Et pour ses appâts, il n’allait pas se laisser arrêter par la peur de Willie le Siffleur, fantôme selon la légende locale. Lors de sa marche, il sentit une présence, et se laissant gagner par la peur, commença à courir, jusqu’à buter sur un objet volumineux, ce qui était, il s’en aperçut ensuite, une tête humaine. Le seul indice qu’il put donner par la suite aux enquêteurs est d’avoir entendu, sur le bayou, un ronronnement de moteur.

La tête humaine en question était celle d’Oren Purvis, le plus fieffé salaud du canton de Fatchakulla, dont le passe-temps favori était de tirer sur les chats, alors que les chats étaient unanimement appréciés par la population de Fatchakulla qui obtenait, par de subtils croisements des spécimens de chats bien originaux. Johnnie Pearl Eubanks possédait bien l’élite des chats, un spécimen pourvu de six doigts aux pattes avant et sept aux pattes de derrière. C’est dire…

Ce roman nous conduit dans une petite bourgade de la Floride, parmi une population de doux dingues absolument déjantés et plutôt portés sur la bouteille, pour une enquête particulièrement délirante.

Car après la tête d’Oren Purvis, on retrouvera le volumineux fessier de Flozetta Cooms, bien connue pour accorder facilement ses faveurs à tout ce qui porte culotte et enfin, dans son église aux murs et au sol dégoulinants de sang, la tête du révérend Walpurgis Goodpasture.

« En l’espace de dix jours, trois personnes avaient été coupées en morceaux, et le démon qui avait fait le coup n’avait pas laissé la moindre trace de son passage. Et il y avait une belle liste d’objets perdus : deux têtes, trois torses, cinq bras et cinq jambes. Trois des meurtres les plus abominables dont il ait entendu parler, et il n’y avait ni suspect flagrant, ni indices ; on ne retrouvait même pas le reste des corps. »

Le shérif Arlie Beemis, son adjoint Buford Pluckett, un abruti notoire, accompagnés du médecin Doc Bobo se trouvent devant une situation dépassant, et de loin, leurs compétences. Ils vont donc s’adjoindre les services de Linwood Spivey, considéré comme un phénomène. De l’avis unanime, c’était un génie, une anomalie dans le marécage génétique de Fatchakulla. Un des nombreux talents qui lui étaient reconnus par la population était de « savoir tirer les choses au clair. »

N’avait-il pas découvert que c’était Whahoo Goatsong, l’indien fou, qui avait mangé le chichuahua de Miss Tatum, alors que tout le monde accusait le vieux Zack, le gros alligator, qui de mémoire d’homme, n’avait jamais quitté son coin de berge. Ceci était son fait d’armes le plus récent, parmi d’autres enquêtes brillamment réussies. Ils sont épaulés par deux membres de la police du canton, d’une inefficacité redoutable.

Les aventures de cet improbable quatuor nous sont contées avec un humour féroce, et l’auteur nous dépeint les habitants de ce coin de Floride sans complaisance. Il est à souhaiter que ce soit vraiment de la fiction ! Dans cette ambiance absolument loufoque, nos représentants de la loi, à grand renfort de bières, vont tenter de démêler cette embrouille. Les procédures et l’enquête sont menées avec un manque de rigueur absolument confondant, selon l’inspiration du moment.

Humour noir et macabre, plaisanteries rustiques donnent un ton particulier à ce roman et à ses personnages, attachants malgré tout. Et au bout du compte, après moult péripéties et rebondissements, nous sera donnée la clé de l’énigme, vraiment surprenante…
Bien que, à y réfléchir un peu…

Une lecture agréable, sans prétention, pour passer un bon moment de poilade (beaucoup) et d’effroi (un peu)….

Ce roman et son environnement sont du même tonneau que ceux de Carl Hiaasen, également situés en Floride, avec comme héros des énergumènes tout aussi déjantés que cette galerie de portraits.

Editions Gallimard, Série Noire 1980, 1995

ned-crabb-399313-250-400L’auteur :
Ned Crabb
, né en 1939, est journaliste de formation.
La bouffe est chouette à Fatchakulla est sen premier roman.

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