Virginia Pésémapéo Bordeleau – L’amant du lac

Aimablement prêté par mon amie Christine, un titre qui me sort de mes lectures habituelles.
Ce court roman d’une auteure amérindienne n’est pas seulement un roman érotique, tel que le définit l’éditeur en 4ème de couverture, c’est également un magnifique roman sur la nature et les « premiers hommes », tels qu’ils se définissent, attachés à conserver leur identité et leurs façon de vivre, sur les rives du lac, en Abitibi.

Ayant échappé à une tempête, Gabriel le trappeur métis débarque sur les rives du lac Abitibi, sous les encouragements des femmes du clan, parmi lesquelles se trouve  Wabougouni.

« L’homme marchait vers elles, d’un pas encore imprégné du tumulte du lac. Zagkigan Ikwè, la vieille, se pourléchait les lèvres. son œil perçant comme celui d’une corneille happa le corps entier de l’arrivant, soupesant son charisme. Il était beau, sang mêlé en apparence avec une peau cuivrée, des cheveux noirs, des yeux bridés. »

D’une très belle écriture, elle décrit de façon très poétique les paysages et les gens de l’Abitibi. Les scènes d’amour, l’émerveillement des sens et l’embrasement des corps sont traités avec une immense pudeur, d’un plume très poétique en même temps que très suggestive.

« Son ventre brûlait d’un désir véhément depuis sa rencontre avec le métis. Il cognait dans ses veines, grimpait le long de ses jambes, palpitant dans la chair de ses cuisses pour se cramponner à son sexe comme une main de miel. »

Cette population autochtone, vit l’amour et le sexe comme quelque chose de simple, exempt de tous tabous et d’interdits. Et l’érotisme qui se dégage de ce livre nous apparaît comme tout à fait évident, naturel, loin des images parfois avilissantes que véhicule notre culture.

A travers ce roman, qui met en valeur un certain mode de vie, ou les amérindiens sont assez indépendants, l’auteure nous fait tout de même partager ses inquiétudes sur le devenir de son peuple, et sur les méfaits de l’homme blanc, de sa culture et de ses croyances.

Dans un monde qui se transforme, ce très beau roman, porté par les deux personnages lumineux que sont Gabriel le métis et Wabougouni l’Algonquine, reste résolument optimiste.

Éditions Mémoire d’encrier, 2013

4ème de couv.

L-amant-du-lac-810594-d256L’amant du lac est le premier roman érotique écrit par une auteure amérindienne du Québec.

Alors que le système dépossède les peuples des Premières Nations de leur territoire, de leur histoire, de leur mémoire et de leur intimité, célébrer le corps constitue un véritable défi. L’amant du lac bouscule les tabous et fait exploser sexe, désir et jouissance. Virginia Pésémapéo Bordeleau nous offre une histoire d’amour torride, sauvage et puissante entre Wabougouni, une Algonquine et Gabriel, un métis. Violence, colère et extase rythment cette relation tumultueuse avec pour toile de fond la nature envoûtante du lac Abitibi.

Ci-dessous une vidéo de l’auteure, qui nous parle de deux de ses  romans:

L’auteure:

AVT_Virginia-Pesemapeo-Bordeleau_2055Métisse crie, née aux Rapides-des-Cèdres, Virginia Pésémapéo Bordeleau est peintre et romancière. Bachelière en arts plastiques, elle poursuit une œuvre sensible dans laquelle famille et territoire, animaux mythiques et plantes et rochers forment un monde organique, chargé d’une énergie sans cesse renouvelée. Elle a reçu plusieurs prix pour ses toiles. Elle a publié Ourse bleue (roman, La Pleine lune, 2007), De rouge et de blanc (poésie, Mémoire d’encrier, 2012) ainsi que L’amant du lac (Mémoire d’encrier, 2013), le premier roman érotique écrit par une auteure amérindienne.

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