Richard Montanari – Confession

Bienvenue à Devil’s Pocket (La Poche du Diable). C’est « dans l’ombre du pont de South Street un petit quartier d’environ soixante-dix familles replié sur la rive est du cours d’eau, un amas de maisons mitoyennes à bardeaux délabrées, de terrains de jeux bitumés, de petites épiceries et de bâtiments en briques brunes, aussi vieux que la ville elle-même. »

Il y a 40 ans, Kevin Byrne était en vacances à Devil’s Pocket. Lors de cet été 1976, une gentille fillette du quartier a été assassinée. « Catriona Daugherty était morte. Elle était morte et le monde ne serait plus jamais le même. » C’était une amie de Kevin et de sa bande de copains, dont aucun n’avait atteint l’âge de 14 ans. Moins d’une semaine plus tard, Desmond Farren, le fils ainé du clan Farren, notoirement malfaisants, est retrouvé mort, tué d’une seule balle à l’arrière du crâne.

De nos jours, Kevin Byrne, inspecteur à la Criminelle de Philadelphie, se trouve confronté à une série de meurtres atroces. A chaque fois le tueur découpe et emporte le visage de sa victime. Bien que les meurtres présentent des similitudes évidentes, rien ne semble relier les victimes. Sur chaque scène de crime, on découvre un mouchoir de lin portant une mystérieuse inscription : cinq lettres qui restent pour les enquêteurs une énigme, et prouvent que ces meurtres ne sont pas dus au hasard.

Dès le début, le lecteur sait que ces meurtres sont l’œuvre de « Billy le Loup », un des frères de Desmond, qui poursuit une vendetta personnelle.

Ces meurtres résonnent comme l’écho d’un meurtre commis il y a des années dans le quartier de Devil’s Pocket, et jamais élucidé. Au fur et à mesure de l’enquête, l’intrigue criminelle colle à l’histoire captivante des résidents du quartier, de ceux qui ont pu en partir, ceux qui y sont restés, et ceux qui y sont enterrés.

On retrouve dans ce roman le duo Byrne/Balzano. Kevin Byrne est toujours inspecteur, et Jessica, son ancienne coéquipière, est maintenant assistante au Bureau du Procureur. Toute cette affaire semble trouver ses racines dans le passé, dans ce quartier populaire de Devil’s Pocket, peuplé de gens de condition très modeste et où Kevin Byrne passait ses vacances. En fait, tout un échantillon d’humanité, depuis Flagg, le vieux grincheux propriétaire du magasin où les gamins volent à l’étalage, jusqu’à Anjelica Leary, une infirmière à domicile fatiguée et dévouée. L’auteur prend soin de montrer l’humanité qui habite chacun des personnages. Même Billy, vraiment monstrueux, peut aussi nous inspirer de la sympathie et de la pitié, dans sa relation avec Emily.

L’écriture est parfaitement maîtrisée, au service d’une intrigue impeccable dans sa construction, avec une description très précise des procédures policières et médico-légales. Même si ce roman, admirable de noirceur, n’est pas un « whodunnit », le développement du scénario compte nombre de coups de théâtre pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à son dénouement.
Les familiers de Montanari et de son détective Kevin Byrne auront apprécié les flash-backs sur l’enfance de ce dernier, nous permettant de connaître et d’apprécier davantage le personnage.
Comme Michael Connelly avec los Angeles, George Pelecanos avec Washington DC, ou Dennis Lehane avec Boston, Richard Montanari est l’écrivain d’une ville, Philadelphie « la ville de l’amour fraternel ». Surnom quelque peu galvaudé si l’on songe au taux de criminalité de cette ville, l’un des plus élevés des États-Unis.
C’est pour ma part une très bonne lecture, et Montanari s’affirme encore avec ce roman parmi les grands auteurs de thrillers Américains.
Éditions, Le Cherche Midi, 2018

4ème de couv :

Lorsqu’on est flic trop longtemps dans la même ville, toutes les rues mènent à des souvenirs que l’on préférerait oublier.
Chaque nouveau meurtre vous en rappelle un autre.
L’obsession n’est jamais loin.
Pour Kevin Byrne, inspecteur des homicides à Philadelphie, le traumatisme originel a eu lieu en 1976. Encore adolescent dans le quartier défavorisé de Devil’s Pocket, il a été impliqué de près dans un meurtre jamais résolu.
La fin de l’innocence pour Byrne.
Quarante ans plus tard, une affaire de meurtres en série le ramène à Devil’s Pocket, à ses amis d’alors, à ce passé qu’il a essayé, en vain, d’oublier.
Bientôt, le voile va se lever sur des secrets, des mensonges et une vérité qu’il aurait peut-être mieux valu ne jamais connaître.

L’auteur :

Richard Montanari, né en 1952 est un journaliste, essayiste et auteur de roman policier Américain.
Né dans une famille Italiano-Américaine traditionnelle, il a fait ses études d’anglais à l’Université Case Western Reserve et à Cleveland Institute of Art sans toutefois obtenir de diplôme. Il a beaucoup voyagé à travers l’Europe, vivant à Londres pendant un certain temps, où il a exercé plusieurs petits métiers.
Après avoir travaillé pendant cinq ans dans la société familiale spécialisée dans le bâtiment, il se lance dans l’écriture et le journalisme. Pendant plus de dix ans, il a écrit des essais, des critiques littéraires et des articles.
En 1995, il publie son premier roman, « Deviant Way » (aussi paru sous le titre Don’t Look Now), premier volume d’une série consacrée à Jack Paris, un détective de Cleveland. Le livre devient un bestseller et obtient le prix Online Mystery (OLMA) de premier roman policier en 1996.
Le premier roman de la série mettant en scène le duo Byrne-Balzano, « Déviances » (The Rosary Girls), est publié en 2006 aux éditions « Le Cherche Midi ».

7 réflexions sur “Richard Montanari – Confession

  1. Mon ami,
    En te lisant, je me suis dis que je devais avoir « PSYCHO » (l’as-tu lu?) dans mes étagères. Hé bien, non. L’ai plus. Tu m’as donné fort envie de lire celui-ci. N’oublie pas dans les écrivains des villes, Ellroy et New York. Amitiés.

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