2ème Salon du livre – Mairie du 7ème – 30 janvier 2016

Mairie du 7ème Arrondissement, Paris.

Pour la deuxième année consécutive, l’association « Lire c’est Libre », organise son salon du livre, dans les locaux de la mairie du 7ème arrondissement, avec la participation d’un très beau plateau d’auteurs réunis pour l’occasion.

RDV le samedi 30 janvier de 14h à 18h
à la mairie du 7e arrondissement de Paris,
(116, rue de Grenelle)
M° Solferino (Ligne 12)
L’entrée est gratuite.
Pour cette 2e édition du salon, nous aurons la joie de recevoir en dédicace 34 auteurs français, de thrillers, polars ou de littérature blanche. Leurs romans seront en vente lors du salon mais il est également possible d’apporter ses propres exemplaires pour une dédicace. En plus de ces séances de dédicaces, 3 tables rondes seront organisées durant l’après-midi.
Les coordonnées de l’association : lirecestlibre@gmail.com
Sa page facebook : Lire c’est libre
Son nouveau blog : https://lirecestlibreblog.wordpress.com/

Salon du 7èmePROGRAMMATION (34 AUTEURS)
BARBARA ABEL/LAURENT SCALESE
DELPHINE BERTHOLON/GILLES PARIS
FRANCK COURTES/REGIS DESCOTT
KARINE LEBERT/MARIE CLAUDE GAY
CLAIRE FAVAN/NICOLAS ZEIMET
ARMELLE CARBONNEL/NICOLAS LEBEL/CICERON ANGLEDROIT
ESTELLE FAYE/LAURENT WHALE
ANNE PLANTAGENET/EMILIE FRECHE/LAURENT SEKSIK
SYLVIE MILLER/KARIM MISKE
JESSICA NELSON/LEA WIAZEMSKY
VALERIE PERRIN/ARIANE BOIS
HAFID AGGOUNE/SANDRINE ROUDEIX
PHILIPPE NONIE/GILLES LAPORTE
VINCENT MESSAGE/HELOISE GUAY DE MELISSEN
CAROLE ZALBERG/SOPHIE LOUBIERE
GHISLAINE BIZOT/AUDE LE CORFF

Bonne Année 2016

Bonne année

Cette année 2015 qui s’achève aura connu son lot d’évènements tragiques, qui font que notre monde n’est plus le même.
Pour la nouvelle année, je forme le vœu que nous puissions avoir sur cette terre un peu plus de paix et d’harmonie, et qu’enfin cessent le fracas des armes, les massacres gratuits et leur cortège de victimes innocentes.
A tous, visiteurs habituels ou occasionnels de ce blog, je souhaite une belle année 2016, dans la paix, le bonheur et la sérénité.

Grand concours de Noël

Noël Blogueurs

Bonjour à tous,

L’année dernière nous avions réuni 8 blogs afin de créer un méga-concours, cette année nous avons souhaité réitérer l’expérience afin de vous gâter au mieux !

Le principe est simple, vous devez mener une enquête !

Dans un premier temps, vous devez lire le petit texte ci-dessous. J’en profite pour remercier chaudement notre ami et auteur Nicolas Lebel pour sa participation à la création de cette énigme.

Dans un second temps, chaque blog participant vous donnera une phrase indice sous ce même article.

C’est un jeu de déduction, trouvez le menteur et vous connaîtrez la solution de cette énigme!
N’hésitez pas à vous munir d’un papier et d’un stylo .

Passons tout de même aux choses sérieuses ! Les Lots !

Concoursblog

N’oublions pas les blogs (enfin les suspects  !)

Le shoot de loley (Loley)

C’est contagieux (David)

Les lectures du hibou (Denis)

Tribulations d’une vie (Guillaume)

Emotions (Yvan)

The big blowdown (Vincent)

Ce-livres-et-fourneaux (Céline)

Les cibles d’une lectrice à visee (Stef )

Nous ne vous demandons pas d’aimer ou de suivre tous ces blogs mais nous vous le conseillons fortement !

Ce concours est ouvert à la France, la Belgique et la Suisse.  Nous ne sommes pas responsables en cas de perte ou détérioration du gain par le transporteur, de plus comme chaque blogueur y va de ses propres deniers aucun lot de compensation ne sera envisageable.


Il ne vous reste plus qu’à nous faire parvenir le nom du coupable par mail noeldesblogueurs@yahoo.com, vous avez jusqu’au 15 décembre inclus. Et nous mettre l’adresse du lien du partage du concours, les livres pour lesquels vous participez ainsi que votre pseudo (si vous ne souhaitez pas donner votre nom pour l’annonce des gagnants) Attention assurez-vous que le statut du partage est bien en mode public.

Rendez-vous le 19 décembre pour le tirage au sort ! Bonne chance à tous !

Et voici votre énigme:

« Tout était prêt dans la salle de restaurant. Chacun était assis à sa place. Pour l’occasion, Yvan avait même rapporté un kouglof qu’il avait déposé près de son assiette. Silencieux, il contemplait la tablée animée des convives. Loley, chef des Readers, distribuait les badges que chacun porterait au prochain salon. Céline relisait le menu, dubitative, se demandant si elle n’allait pas se mettre elle-même aux fourneaux. Denis se lamentait de la lenteur des travaux dans son appartement en reconstruction après une soirée-rencontre avec un auteur. Guillaume essayait de filmer ses camarades blogueurs mais sa caméra semblait en panne. Vincent les regardait tous les deux, imaginant qu’ils auraient été à leur place dans un roman de Pelecanos. À l’autre bout de la table, David se mouchait bruyamment, à intervalles réguliers, tissant des fils de morve qui donnaient aux autres la nausée. On l’avait donc mis à part. Un truc pareil, c’est contagieux. Stef regardait la table, satisfaite. Elle se réjouissait d’avoir enfin réuni ses amis. La soirée commençait sur les chapeaux de roue, dans le brouhaha des rires et des éternuements.

Une heure passa et l’invité d’honneur n’était toujours pas arrivé. Denis finit son huitième whisky et s’exclama soudain :
– Lui, au moins, il rasera pas ma baraque !
– On dit qu’il est très sympa, acquiesça Yvan.
– Il a bon pied bon œil pour son âge. J’aimerais bien être comme lui à 84 ans, clama Céline.
La porte du restaurant s’ouvrit soudain dans un claquement et Bernard Boudeau parut, drapé dans un long manteau noir, arborant un large chapeau à plumes de faisan. Connaissant le succès depuis peu, il avait, d’après la rumeur, fait appel à une agence de relooking qui s’était copieusement occupée de lui. Le résultat était hallucinant. Bernard Boudeau était un autre homme : un auteur.
Il toisa la salle d’un regard hautain et repérant la table des blogueurs, s’avança à leur rencontre. Il chancelait légèrement sur ses bottines à hauts-talons qui lui donnaient une dizaine de centimètres de plus. Il s’écria soudain :
– Je vous ai apporté mon petit dernier sur clé USB, un texte fabuleux, mieux qu’Ellroy, mieux que Lehane… Mieux même que Lebel, c’est dire !
Un nuage de Pastis le précéda à la table. Il était de notoriété publique que Bernard Boudeau avait patiemment participé à la fortune de Pernod-Ricard, jour après jour. C’est alors que se produisit l’événement qui allait bouleverser le reste de la soirée. Un talon capricieux se brisa sous son pas et envoya l’auteur au tapis. Les blogueurs d’un seul homme, d’une seule femme, fusèrent de leurs sièges pour aider l’auteur à se relever. Même David englué dans son rhume vint mettre la main à la pâte. Même Guillaume qui avait filmé la scène vint à la rescousse. Même Loley vint mettre un badge sur la veste de l’écrivain déchu. Même Yvan lui proposait un Kouglof. Vincent se disait qu’ils auraient tous été à leur place dans un roman de Pelecanos. Bientôt l’auteur installé sur sa chaise reprenait de sa superbe et annonçait :
– J’ai mon ordi et ma clé USB. Mon dernier, c’est de la bombe, baby !
Ainsi parlait Bernard Boudeau.
Il palpa ses poches et blêmit. C’est alors qu’il s’écria :
– C’est qui qui m’a piqué mon manuscrit ?
Certes la formule n’était pas très heureuse, mais le pauvre homme semblait désemparé. L’un des blogueurs avait effectivement mis la main à la pâte mais aussi à sa poche, emportant sa clé USB et le précieux manuscrit mieux qu’Ellroy, mieux que Lehane. Mieux même que Lebel. C’était dire ! Bernard Boudeau se mit à pleurer... « 


Nicolas LEBEL

Question qui m’est posée :  Dis moi ce que tu as vu au moment du vol ?

Ma réponseJ’ai vu du coin de l’œil David et Loley qui rigolaient ensemble. Ils étaient sur un petit nuage en pensant à Romain Puértolas et son dernier roman.

 

Images intégrées 1


Bonne chance à tous et passez de Joyeuses Fêtes!!!

Relooking

Je relooke…
Après quelques mois d’existence de ce blog, je me suis demandé s’il n’était pas plus raisonnable de modifier un peu la forme de mes billets. M’étant rendu compte que certaines 4ème de couverture  étaient un peu trop « bavardes », et pouvaient frustrer un peu le lecteur du plaisir de la découverte, je les ai donc déplacées à la fin de chaque chronique.
Vous me direz, si vous le voulez bien, ce que vous en pensez. Bonnes lectures…

Le Noël des Bloggers 2014

 

noyelPour fêter cette fin d’année et le début de la suivante, 8 Blogs se sont réunis afin de vous gâter !!

Au total 8 lots à gagner soit 8 gagnants !! Excusez du peu !! on ne se moque pas de vous …

Le principe est très simple, une image représentant une lettre est cachée sur chaque blog. En retrouvant toutes les lettres vous pourrez composer un mot. Il ne vous reste plus qu’à nous envoyer ce mot mystère, le titre et l’auteur de chaque chronique où se trouvent les lettres avec votre nom (ou pseudo) et email à l’adresse suivante: concoursinterblog@yahoo.com

Vous avez jusqu’au 23 Janvier 2015 inclus pour participer. (Tirage au sort le week-end de 24-25)

Attention, vous êtes prêts ? Voici la liste des blogs (pour certains un indice s’impose !)

Ce livres et fourneaux (Indice : « Un joli conte des temps modernes » !!! )
Emotions Blog littéraire et musical (Indice : »il vaut mieux en avoir dans le sport, y a pas photo (enfin si…) »
Le shoot de loley ( Indice : Gothique)
Leeloo s’enlivre
Les lectures du hibou ( Indice : Catacombes)
The big blowdown (Indice : Federico (Moi-même) Lorca)
Tribulations d’une vie (Indice : « Puisse le sort vous êtes… »)
Les cibles d’une lectrice à visée (Indice : Pas un coup de cœur mais s’en approche!)

Liste des lots :

– un roman  » la méthode Schopenhauer » d’Irvin Yalom
– un lot  » Saules aveugles, femme endormie » de Haruki Murakami et « 13 à table »
– un roman « Un hiver avec Baudelaire » de Harold Cobert en grand format
– un roman « Irradié » collectif
– un roman au choix : « Une disparition inquiétante Dror Mishani » OU « Les Origines de l’amour » de Kishwar Desai
– un roman « le magasin des suicides » de Jean Teulé
– un lot  » Tapis rouge » de James Patterson & Marshall Karp et « Le dernier déluge » de David Emton
– un roman « Avant d’aller Dormir » de Watson, Éd Sonatine.

Les gagnants autorisent les bloggers organisateurs à divulguer leurs noms (ou prénoms + initiale du nom) pour la diffusion des résultats.

Bonne chasse ! Très bonnes fêtes de fin d’année de notre part à tous.

Minion sapin-noel46

 

Serguei Dounovetz – Born Toulouse Forever

Born toulouse4ème de couv.

Mon nom est Java, Niki Java, j’aime les filles tatouées qui font du karaté et sentent le patchouli et les perroquets, sans trop de flotte ! Accessoirement, je suis rédac-chef dans un grand quotidien du soir de Toulouse. Quand on m’a piqué le manuscrit de cet ancien taulard recyclé dans le roman noir, je n’imaginais pas me retrouver face à un gang d’allumés, qui logeaient à la prison Saint-Michel pour y préparer le casse du siècle. Et comme je ne suis pas Mike Hammer, mais plutôt de l’école de Nick Belane, j’ai fait appel à mon copain, le commissaire Zamponi. Mais l’on ne réveille pas impunément les fantômes de la ville rose…

 

Ce que j’en pense :

L’action de ce polar se situe entre Toulouse et Montpellier, sœurs jumelles et rivales qui se disputent le leadership de la province du Languedoc, où les régionaux reconnaîtront sans peine des lieux qui leur sont familiers.

Niki Java est rédacteur en chef du quotidien du soir régional, « Le Minuit libéré », le journal aux idées aussi larges que les chiottes de Mustafa Kemal Atatürk, votre dernier espace de liberté où l’on expose sans voile les idées. Sa carrière est au point mort, menacé de pointer au chômage s’il ne déniche pas un scoop qui lui permettrait un retour dans les bonnes grâces de son patron.

C’est un grand amateur de perroquets, pas de la famille des psittacidés, mais plutôt de ceux que l’on trouve dans les bistrots, composés de pastis et de sirop de menthe. Il grille une soixantaine de clopes par jour et il n’est pas un modèle en matière d’hygiène de vie, ce qui n’est pas sans lui causer quelques soucis avec sa dulcinée.

Il va se trouver embarqué dans une enquête plutôt biscornue, avec la bande du Busca, trois pieds nickelés quinquagénaires purgeant une peine de semi-liberté à la prison Saint-Michel, amis d’enfance du Commissaire Zamponi, qui ont foiré quasiment tous les coups qu’ils ont montés et qui ont passé l’essentiel de leur vie d’adulte derrière les barreaux. Le dernier grand coup dont ils rêvent tous, qui verra l’apothéose de leur carrière, c’est de braquer un fourgon de lingots de la Banque de France.

Le style de l’auteur, imagé et plein d’humour, n’est pas sans me rappeler mes lectures d’antan, avec des personnages hauts en couleurs qui auraient pu naître sous la plume de San Antonio, et des expressions dignes d’Audiard. « Mais je peux t’assurer que ce ne sont pas des miettes qu’on va ramasser. Tu vas rentrer à Montpellier avec les couilles en or massif….. Le fion, les valseuses, tout ce que tu veux Francisco, ta vie va être en plaqué or. Même quand tu péteras y aura des gonzes derrière ton cul pour ramasser la poussière. »

La galerie des personnages est à elle seule une anthologie des « figures imposées » du polar populaire : le détective alcoolique qui s’applique à se démolir, Zamponi, le flic en bout de course, Pamphile de la Vieille Bombe, jeune flic dévoré par l’ambition et Josélita la putain au grand cœur.
Les truands aussi, Monseigneur (comme la Pince du même nom), Mainfroide et Bridge toutes ses ratiches en façade refaites à l’or jaune, ne déparent pas en cette truculente compagnie.

Iconoclaste à certains égards, ce Montpelliérain d’adoption égratigne joyeusement le mythe de « Montpellier la surdouée » chère à Georges Frèche. « Montpellier, un bled surévalué, le vingt-et-unième arrondissement de Paris, comme disaient quelques Marseillais qui avaient encore le sens de la formule…. Etouffée par sa propre attraction, proche de l’implosion, branchée sur 220 et ne tolérant que le 110 ».
Un roman sympathique, qui revisite avec bonheur tous les codes du polar. Délicieusement immoral et vraiment réjouissant !

Éditions Mare Nostrum 2008

L’auteur :

dounovetzNé en 1959 à Ménilmontant, Serguei Dounovetz est un auteur de romans policiers et scénariste français. Il vit à Montpellier depuis 1990. Il est le créateur de la série « Niki Java ».
Il a usé sa Fender Mustang dans un groupe de rock, tourné des courts-métrages expérimentaux, travaillé comme machiniste au Lido, d’où son goût immodéré pour la plume, avant de publier une douzaine de romans noirs. Depuis le printemps 2007, il dirige la collection « Polar Rock » chez Mare Nostrum. Niki Java traque la banque, son dernier roman, est sorti en 2014 chez Syros

R.J. Ellory – Les neufs cercles

Ellory-NeufCercles-HiRes4ème de couv.

1974.De retour du Vietnam, John Gaines a accepté le poste de shérif de Whytesburg, Mississippi. Une petite ville tranquille jusqu’au jour où l’on découvre, enterré sur les berges de la rivière, le cadavre d’une adolescente. La surprise est de taille : celle-ci n’est autre que Nancy Denton, une jeune fille mystérieusement disparue vingt ans plus tôt, dont le corps a été préservé par la boue. L’autopsie révèle que son cœur a disparu, remplacé par un panier contenant la dépouille d’un serpent. Traumatisé par le Vietnam, cette guerre atroce dont « seuls les morts ont vu la fin », John doit à nouveau faire face à l’horreur. Il va ainsi repartir au combat, un combat singulier, cette fois, tant il est vrai qu’un seul corps peut être plus perturbant encore que des centaines. Un combat mené pour une adolescente assassinée et une mère de famille déchirée, un combat contre les secrets et les vérités cachées de sa petite ville tranquille. Si mener une enquête vingt ans après le crime semble une entreprise périlleuse, cela n’est rien à côté de ce qui attend John : une nouvelle traversée des neuf cercles de l’enfer.

Ce que j’en pense :

Pour les amateurs de romans noirs et thrillers, dont je fais partie, la sortie d’un titre de RJ. Ellory est toujours un évènement très attendu. Celui-ci ne déroge pas à la règle et remplit parfaitement son objectif : nous entraîner dans un inoubliable voyage au cœur des ténèbres.

« 
Quand la pluie arriva, elle rencontra le visage de la jeune fille. Juste son visage. C’est du moins ce qu’il sembla au début. Puis ce fut sa main – petite et blanche, aussi délicate que de la porcelaine. Elle remonta jusqu’à la surface de la vase noire et se révéla. Rien que son visage et sa main, le reste de son corps toujours submergé. En baissant les yeux vers la berge, la vision de sa main et de son visage était surréaliste et troublante, et John Gaines – un Louisianais de Lafayette qui était récemment, par hasard ou par défaut, devenu le shérif de Whytesburg, dans le comté de Breed, Mississippi, et qui était avant ça revenu vivant des neuf cercles de l’enfer qu’avait été la guerre du Viêtnam – s’accroupit et observa la scène avec un esprit tranquille et un œil implacable.« 

Dès les premières phrases, nous sommes plongés dans l’ambiance humide et poisseuse des bayous de la Louisiane. Le shériff John Gaines, pour faire la lumière sur ce meurtre vieux de vingt ans, va devoir retrouver des personnes qui ont connu la jeune fille. Il est rapidement orienté sur la piste de Michael Webster, un survivant de la 2ème guerre mondiale, qui paraissait proche de la jeune fille. Il reconnaît avoir enlevé le cœur de la jeune fille, mais reste muet sur ses motivations.

Suite à une erreur de procédure commise par John Gaines,  Webster peut être libéré sous caution, payée par Matthias Wade, héritier d’une riche famille de la région et qui faisait partie du cercle d’amis de Nancy. Peu après, Michael est découvert mort dans sa cabane incendiée, décapité et une main tranchée. La tête et la main manquante sont retrouvées enterrées dans un champ, face à la maison du shériff.

A partir de ce moment, John Gaines va se sentir personnellement visé, et ce sentiment, venant s’ajouter à la promesse qu’il a faite à la mère de Nancy de découvrir le coupable, va renforcer sa détermination. L’enquête va l’amener à s’intéresser à ce groupe d’amis, parmi lesquels deux frères et deux sœurs de la dynastie des Wade, puissante famille du sud, auxquels s’ajoutent Nancy et son amie Maryanne.

Maryanne, dont les souvenirs personnels font l’objet de chapitres insérés au long du récit, et nous permettent de commencer à cerner la personnalité des différents personnages, et des sentiments qui les animaient.

Les deux personnages principaux, Michael Webster « l’homme le plus chanceux de la terre » et John Gaines, vétérans de deux guerres différentes à 25 ans d’intervalle, en sont revenus marqués à tout jamais, marqués par l’horreur des combats, et le souvenir des souffrances infligées et endurées. Ils ont le sentiment qu’une part d’eux-mêmes est morte là-bas, et ce traumatisme du survivant renforce leur sentiment de culpabilité. John Gaines  a traversé (je ferai à l’auteur le petit reproche de nous le répéter trop souvent) les « neuf cercles de l’enfer » que fut la guerre du Vietnam, dont il est revenu, mais où il a laissé une part de son âme. Il n’a aucune vie sociale en dehors du travail, il se consacre uniquement à sa mère, chez laquelle il vit et qui se meurt doucement d’un cancer.

« Nous avons vu des choses que les autres ne pourraient jamais imaginer, shérif. Pas même dans leurs cauchemars les plus fous. Et pire encore. Les hommes ne devraient pas voir de telles choses, mais ce sont eux qui les ont créées, alors pourquoi seraient-ils épargnés ? On ne peut pas supporter un tel fardeau en menant une vie ordinaire. Nous avons survécu, peut-être. Nous ne sommes pas morts, mais nous aurions tout aussi bien fait de mourir. Les personnes que nous étions quand nous sommes partis au front n’étaient pas celles que nous étions à notre retour. »….. »  « Nous ne serons jamais normaux. Nous serons toujours des étrangers. Nous n’aurons plus jamais notre place. »

Les autres acteurs de ce roman sont tous très bien dessinés, chacun d’eux a sa part d’ombre et de lumière, de blessures secrètes et trouve aisément sa place dans le puzzle d’une redoutable précision  que représente cette enquête, passionnante et complexe. L’amitié, la politique, l’argent, le pouvoir, la corruption et le racisme, sont autant de thèmes qui sont évoqués au long de ce récit, et autant de leviers qui motivent les actions des personnages.

L’ambiance du sud est très bien rendue, ces petites villes ou chacun connaît tout le monde, où dans les années 70 le ségrégationnisme est toujours d’actualité, et même le vaudou, héritage des anciens esclaves, encore très présent.

Les sentiments et les situations sont décrits avec beaucoup de finesse. La narration est menée d’une plume très efficace, nous ménageant bon nombre de rebondissements et de cadavres tout au long de l’histoire, jusqu’à un final inattendu et flamboyant, où le shériff Gaines fait encore preuve de sa grande humanité. Gaines est un héros extrêmement attachant, son ambivalence entre force et fragilité, son empathie avec les victimes nous le rendent particulièrement sympathique et je suis sûr que beaucoup (dont moi…) aimeraient le retrouver dans une autre histoire.

Petit clin d’œil : Étant un grand fan de James Lee Burke, Je me suis retrouvé ici en terrain connu, des bayous au bord de la rivière Atchafalaya, jusqu’à la Nouvelle-Ibérie ou New Iberia ou officie un certain Dave Robicheaux.

Pour ce qui me concerne, je dirai que cet opus de R.J. Ellory est une indéniable réussite, alternant entre le plus sublime et le plus sordide. Une très belle lecture qui figurera à coup sûr dans mon Top 5 pour 2014.

Éditions Sonatine 2014

R._J._Ellory_-_001L’auteur:

Roger Jon Ellory est né à Birmingham en juin 1965. Sa mère, danseuse et actrice, l’élèvera seule jusqu’à ce qu’une pneumonie la terrasse au tout début des années 1970. À 16 ans, il rejoint sa grand-mère maternelle, qui décèdera en 1982. Après avoir connu la prison à l’âge de 17 ans, il se consacre à plusieurs activités artistiques – graphisme, photographie… et musique : il joue de la guitare dans un groupe de rock, les Manta Rays, qu’il quittera à la mort du batteur.
Entre 1987 et 1993, RJ Ellory écrivit pas moins de vingt-deux romans, chacun lui valant systématiquement des refus éditoriaux, polis mais fermes, des deux côtés de l’Atlantique.
Découragé, RJ Ellory cesse d’écrire et occupe un emploi de bureau pour la première fois de sa vie. En 2001, il reprend la plume et écrit trois romans en moins de six mois. Le second, Candlemoth, sera publié par Orion ; nommé pour le Crime Writers’ Association Steel Dagger for Best Thriller 2003, il est traduit en plusieurs langues. Mais c’est avec Seul le silence, son cinquième roman publié en Angleterre que le public français le découvre. S
Aujourd’hui il se consacre pleinement à son écriture et à la musique avec son groupe de blues, « The Whiskey Poets ».

Source: Wikipedia

 

Alfredo Noriega – Mourir, la belle affaire

noriega-fichelivre14ème de couv.

Équateur, Quito, 2850 mètres d’altitude. Arturo Fernandez, médecin légiste, subtil et mélancolique observateur, raconte l’histoire de Maria del Carmen. Seule rescapée d’un accident de voiture, elle a promis à l’inspecteur Heriberto Gonzaga de l’épouser s’il retrouvait les chauffards. Mais peu de temps après, la jeune fille se suicide.
Arturo parle aussi de Paulina et de tous ces anonymes d’une cité ceinturée de montagnes et de volcans, fragilement bâtie sur des collines sillonnées de ravins. L’enquête de l’inspecteur avance pourtant et tous les récits s’entrecroisent, tissant le tableau d’une ville violente, indifférente, passive devant l’injustice sociale, le destin et l’acharnement de la nature. Un lieu où la mort est quotidienne et sans autres conséquences qu’intimes et tragiques pour ceux qu’elle frappe.

Ce que j’en pense :

Qui ne s’est jamais interrogé sur la vie et la mort ? Le titre du livre annonce la couleur. Dans une récente interview, l’auteur s’exprimait ainsi : »Qu’est-ce que l’existence, seulement mourir ? vivons-nous pour arriver à cela ? Comment vivre dans une ville, dans un pays ou la mort est finalement très présente ? C’est là la question, non ? C’est une des idées du texte, et il me semble que dans ce sens le titre englobe cette idée centrale ».

Ce roman est le deuxième volet d’une trilogie (mais le premier traduit en français)où le médecin légiste Arturo Fernandez apparaissait déjà dans un précédent roman « De que nada se sabe », porté à l’écran par le réalisateur Victor Arregui.

A partir d’un banal et mortel accident de la route, dont la ville de Quito semble s’être fait une spécialité, Alfredo Noriega nous déroule le fil de l’histoire de la vie et de la mort de plusieurs personnes : une jeune fille qui cherche la vengeance, un policier en proie problèmes existentiels, un autre accident provoqué par un conducteur sans permis, un chauffeur de taxi aux multiples facettes, une vieille dame souffreteuse, une inondation qui rase un quartier construit à flanc de montagne… A partir de toutes ces vies qui s’entrecroisent, apparemment sans aucun lien entre elles, mais qui sont tout de même liées, l’auteur bâtit la trame de son roman.

L’inspecteur Heriberto Gonzaga, après la découverte du corps de la jeune suicidée, se souvient de sa promesse et reprend l’enquête. Il découvre que le dossier a été falsifié, et que l’on a effacé une mention d’alcoolémie positive sur le conducteur.
Ses recherches l’amènent chez l’architecte Ortiz, qu’il abat froidement, sous les yeux de sa fille Paulina. Cet acte de violence qu’ils ont en commun va nouer entre eux le début d’une étrange et complexe relation.

Arturo Fernandez le légiste est le lien avec toutes ces personnes, témoin privilégié de leur mort, et par la même de ce que fut leur vie. Il témoigne d’un grand soin envers ses « clients », et d’une grande humanité envers les familles de victimes.
« Chaque matin, je me lève et quelque chose se brise en moi. Je passe mon temps enfermé dans une salle d’autopsie, éclairé par des lampes au néon, entouré de faïence et d’aluminium. Dans cet univers strident, la vie est-elle en train de me filer entre les doigts ou bien est-ce là que je gagne le droit d’être en vie ?
Quelqu’un m’a dit un jour son admiration pour la science que je pratique. Mais, à quoi rime-t-elle ? A donner aux vivants des raisons de redouter ce qui, de toute manière, les attend ? Cette science, la mienne, revient peut-être simplement à accepter que ma vie prenne sens au milieu des morts que j’examine. »

Dans certains chapitres il est le narrateur, d’autres chapitres écrits à la troisième personne sont consacrés aux autres personnages qui selon le lieu et le moment, occupent le devant ou le fond de la scène. La narration alterne entre le présent, le passé, et nous propose même une prévision de ce qui pourrait se passer dans le futur.

Quito, la capitale andine, est elle-même un personnage, acteur de l’histoire. Entourée de montagnes, au pied des volcans, soumise à une fulgurante expansion anarchique et incontrôlée, elle forge le caractère de ceux qui y naissent ou qui y vivent. La situation géographique a une grande incidence sur les faits et gestes des habitants. Quito sous la pluie, sous le soleil, Quito et ses rues humides, autant d’atmosphères différentes et changeantes. Bien que vivant en France depuis plus de 25 ans, l’auteur témoigne pour sa capitale d’un profond attachement qui s’exprime à chaque page. La ville, arrière-plan et prétexte à une intrigue dont nous aurons la révélation, seulement dans les dernières pages.

Un roman dense, sombre et crépusculaire, foisonnant d’une multitude de personnages, parmi lesquels on pourrait se perdre si on n’y prenait garde, et qui peut surprendre par sa construction, mais d’une grande force d’évocation sur la société équatorienne, son passé glorieux et sa déliquescence actuelle.
Un très bon moment de lecture.

Éditeur : Ombres noires 2013

principal-alfredo-noriega_1_grandeL’auteur :
Alfredo Noriega est né en 1962. Il vit à Paris depuis 1985, où il donne des cours d’espagnol et de théâtre dans une école de commerce. En Espagne, il a publié plusieurs manuels de langue. Il écrit de la poésie et est l’auteur de plusieurs romans dont « De que nada se sabe »  adapté au cinéma en Équateur.
Ce roman est également en voie d’adaptation au cinéma.

 

Tim Willocks – Green River

green river4ème de couv.

Green River, pénitencier de sécurité maximale au Texas. Un véritable enfer dans lequel, entre tensions raciales et violences quotidiennes, vivent cinq cent âmes perdues. Un univers sans pitié où le silence n’existe pas, l’obscurité non plus. C’est là que Ray Klein, ancien médecin, purge sa peine, en travaillant à l’infirmerie. Alors que sa libération approche, une émeute éclate dans la prison. Au milieu du chaos et de l’anarchie, Ray, qui est tombé amoureux de Juliette Devlin, psychiatre judiciaire, va tout mettre en œuvre pour la sauver alors qu’elle est séquestrée avec ses patients dans l’infirmerie.

Ce que j’en pense:

L’histoire est condensée sur 72 heures dans la vie de la prison de Green River, depuis le bouclage imposé par le directeur Hobbes, admirateur de Bentham et de sa théorie du panoptique, au travers de la prise de contrôle par les détenus jusqu’à la confrontation finale anarchique entre les prisonniers et la garde Nationale. Chacun de trois mouvements de l’histoire est structuré autour du personnage du Dr Ray Klein, accusé (à tort) de viol qui a passé trois ans à travailler à l’infirmerie, qui doit mettre en balance ses chances de libération sur parole contre les notions contradictoires de liberté, conscience et survie…

Ajoutez à cela un contexte de racisme volcanique, de trafic de whisky, viol homosexuel et une soif de pouvoir débridée, et vous aurez une certaine idée du monde brut et pantelant de Green River. C’est l’asocial dans toute sa violence sous-jacente, un théâtre sans public, un spectacle d’appétits physiques dans lequel le contrôle est la seule monnaie d’échange. La prison nous est ainsi dévoilée dans toute sa brutalité, tant des actes que des sentiments qui les motivent, dans un maelstrom permanent de drogue et de sexe.

Pour un médecin de Londres, qui n’a sûrement jamais mis les pieds dans une prison américaine, Willocks a un don étrange pour intégrer l’argot des prisons Américaines. En effet, le nombre de passages où les personnages s’abreuvent les uns les autres d’insultes dans un langage très cru, graveleux, voire ordurier peut paraître exagéré, mais c’est probablement dans un souci d’authenticité.

Les personnages principaux bénéficient d’une étude psychologique très travaillée : le Dr Klein, médecin et katatéka comme l’auteur, innocent condamné à tort, qui a compris que le seul moyen de se sortir de cet enfer était de faire le bien, et se voit ainsi respecté par toutes les factions composant la population carcérale ; l’infirmier Earl Coley qui sans aucune qualification médicale, a un réel talent pour soigner et laisse passer ses chances de libération pour rester dans cette infirmerie ou il se sent chez soi ; Wilson l’ex-boxeur promis à un brillant avenir et maintenant déchu, Claude/Claudine Toussaint « épouse » de Nev Agry, caïd de la section D, qui sera à l’origine de l’émeute ; Henry Abbot, colosse paranoïaque qui s’est dévoué à la protection de Klein ; Juliette Devlin, seul personnage véritablement féminin de l’histoire, qui venait à la prison dans le cadre d’une étude pilote « Sida et dépression dans une institution fermée ». Et dans ce monde de barjots et de psychopathes, le plus fou n’est peut-être pas là où on l’attend…

Ceux qui sont du côté des « bons » et doivent se battre contre les émeutiers de Nev Agry, n’auront d’autre solution pour s’en sortir, que de faire le bien et de faire preuve d’altruisme, car c’est la seule issue qui leur reste. Ainsi, par le baptême de la merde et du sang, un certain nombre d’entre eux trouveront là leur juste rédemption.

Ni le rythme, ni l’écriture ne souffrent  d’aucun ralentissement. Elle est également à l’image du roman : dure, crue, violente et sans concession.

Un roman choc, fort et âpre, huis clos impitoyable, un des romans les plus justes et les plus réalistes pour nous faire un portrait terrifiant de la violence et du désespoir en milieu carcéral. Un thriller haletant, un page-turner implacable que l’on a bien du mal à lâcher et dont on ressort complètement vidé.
Une de mes très bonnes lectures de cette fin d’année…

Gilles Legardinier – Nous étions les hommes

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Dans un grand hôpital d’Édimbourg, le docteur Scott Kinross et la généticienne Jenny Cooper travaillent sur la maladie d’Alzheimer. Alors que le mal progresse à un rythme inquiétant, frappant des sujets toujours plus nombreux, toujours plus jeunes, leurs conclusions sont effrayantes : si ce fléau l’emporte, tout ce qui fait de nous des êtres humains disparaîtra.
Dans un monde ou les intérêts financiers règnent en despotes, c’est le début d’une guerre silencieuse dont Kinross et Cooper ne sont pas les seuls à entrevoir les enjeux.
Face au plus grand danger que notre espèce ait connu, l’ultime course contre la montre a commencé…

Ce que j’en pense :
Que l’on ne s’y méprenne pas : La maladie d’Alzheimer n’est pas le sujet de ce roman. Certes, elle est présente tout au long de l’histoire car c’est sur elle, son diagnostic avancé et son développement que travaillent les deux personnages principaux, Jenni Cooper et Scott Kinross, particulièrement attachants dans leur implication désintéressée.

D’autres personnages bien travaillés s’y ajoutent : William Greenhold, milliardaire qui leur propose sa fortune pour soigner son épouse, David Hold, son énigmatique factotum et garde du corps, dont l’aide sera bien utile à Scott et Jenni dans leur lutte contre l’organisation mystérieuse qui veut s’approprier le fruit de leurs travaux.

En réalité il s’agit davantage d’une réflexion sur les enjeux de santé publique, de la mainmise des grands groupes pharmaceutiques sur les politiques de santé, et du danger que peuvent causer la mondialisation et la recherche du bénéfice financier au détriment du bien-être des patients, comme on a pu le voir lors de récents scandales à l’échelon national et international.

Mais, au-delà de l’aspect purement thriller et de l’intrigue très bien construite, et menée sans aucun temps mort, jusqu’à un final explosif, ce qui m’a séduit dans ce roman, c’est le regard attentionné porté sur les malades, et l’humanité qui s’en dégage, jusque dans la postface consacrée aux remerciements.
Un très bon moment de lecture…