Craig Johnson – Tous les démons sont ici

Dans le cadre d’une mission inter juridictionnelle, Walt et son adjoint Sancho « le Basque » Saizarbitoria sont en charge d’un groupe de prisonniers, qu’ils doivent transférer au FBI. L’un d’entre eux, Raynaud Shade, indien Crow canadien, est un dangereux psychopathe. Lors de son arrestation il avait confié à la psychologue du FBI avoir assassiné un jeune indien, Owen White Buffalo, et l’avoir enterré dans la région sauvage des Cloud Peak Wilderness. Peu de temps après le transfert, l’inévitable se produit: les prisonniers s’évadent, après avoir blessé l’officier du FBI, et pris 3 policiers en otage. Walt confie le blessé à la garde de son adjoint Sancho et seul, avec pour tout soutien un exemplaire de « La divine comédie » de Dante, il se lance à leurs trousses dans les montagnes, au beau milieu d’une tempête de neige.

Alors qu’il progresse dans sa poursuite, que les premiers effets de la fatigue et de l’hypothermie se font sentir, la frontière entre le rêve et la réalité devient de plus en plus floue.
Il entend les voix des esprits indiens qui le guident, à travers le blizzard glacé. Virgil White Buffalo, un « Foutrement Balèze d’Indien » que nous avions rencontré lors d’un roman précédent, l’accompagne dans cette périlleuse expédition. Il disparaît, et réapparaît au moment opportun où Walter en a le plus besoin, quand son état d’épuisement est tel qu’il pourrait s’abandonner à la mort glacée qui l’entoure, lui donnant l’élan nécessaire pour continuer sa chasse.

En équilibre à la frontière de deux mondes, perdu dans un endroit où « L’enfer est vide, tous les démons sont ici  (Shakespeare, La tempête) », quelle est la part du rêve et de l’imagination dans tout ce qui lui arrive ?

 « …je me rappelai la dernière fois que j’étais monté aussi haut et le fait que les choses n’avaient pas bien tourné, et que, en plein blizzard, j’avais dû ramener sur mon dos deux hommes depuis Lost Twin Lakes. Cela avait été difficile, mais ce n’était pas ce souvenir qui m’immobilisait pour le moment.
Dans ces circonstances, qui dataient de plusieurs mois, j’avais vu et entendu des choses, des choses que je n’avais jamais vues ni entendues auparavant et qui continuaient à me hanter. »

Librement inspiré par l’Enfer de Dante, cette randonnée solitaire à travers les montagnes des Big Horns balance entre le récit de survie et l’introspection existentielle de Walt. Johnson nous offre ici un conte magistral sur le combat inégal d’un homme poussé par sa quête de justice. Face à son ennemi, face à la rigueur de la nature, en proie avec ses propres démons, il ne faiblit pas, guidé par les voix intérieures.
Certes, certains pourront m’objecter que par certains côtés, ce roman manque de crédibilité, mais là n’est pas le plus important. Le mysticisme de Walt, très marqué par la culture indienne, sa capacité d’entendre les voix d’esprits indiens morts depuis longtemps sont partie intégrante de son personnage, et ce depuis « Little bird », le premier roman impliquant Walt Longmire. Et Craig Johnson est un maître conteur, qui réussit comme personne à nous transporter dans ces contrées sauvages et inhospitalières de l’Ouest américain.

Walt Longmire, privé de ses habituels soutiens, porte à bout de bras ce formidable récit, et moi, inconditionnel de Craig Johnson et de son héros, j’adore !
Je ne peux faire mieux que de vous le recommander, et vous souhaiter de prendre autant de plaisir que moi à sa lecture.

Éditions Gallmeister, 2015

 

Éditions Gallmeister, 2015

4ème de couv:

Indien Crow d’adoption, Raynaud Shade est considéré comme le plus dangereux sociopathe des États-Unis et représente le cauchemar de tout policier. Finalement interpellé, il avoue avoir enterré un cadavre au beau milieu des Bighorn Mountains, dans le Wyoming, et c’est à Walt Longmire que revient la tâche d’escorter Shade, en plein blizzard, jusqu’au corps. Mais le shérif sous-estime peut-être les dangers d’une telle expédition. Car pour tenter de rétablir la justice, il va devoir braver l’enfer glacial des montagnes et tromper la mort avec, pour seul soutien, un vieil exemplaire de La Divine Comédie de Dante.
Dans ce nouveau volet des aventures de Walt Longmire, Craig Johnson transforme le lumineux décor des Hautes Plaines en un inquiétant théâtre des ombres, dans un polar sous très haute tension. Le gang s’adjoint également les services d’un jeune dandy ambitieux et désargenté, attiré par la promesse d’une rétribution alléchante. Peu d’entre eux survivront à la sanglante confrontation dans les badlands de Catacumbas. Un western impitoyable qui balaie tout sur son passage, comme un film de Tarantino au volume poussé à fond.

L’auteur :

Craig Johnson, né le 1er février 1961, est un écrivain américain, auteur de romans policiers, connu pour sa série de romans et de nouvelles consacrés au shérif Walt Longmire.
Avant d’être écrivain, il exerce différents métiers tels que policier à New York, professeur d’université, cow-boy, charpentier, pêcheur professionnel, ainsi que conducteur de camion et il a aussi ramassé des fraises. Tous ces métiers lui ont permis de financer ses déplacements à travers les États Unis, notamment dans les États de l’Ouest jusqu’à s’installer dans le Wyoming où il vit actuellement. Toutes ces expériences professionnelles lui ont servi d’inspiration pour écrire ses livres et donner ensuite une certaine crédibilité à ses personnages.

 

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Estelle Tharreau – Mon ombre assassine

Nadège Solignac est incarcérée sous l’inculpation d’homicide sur la personne de Jérôme Bianchi, un policier qui aurait tenté de la violer. Depuis sa cellule où elle attend son procès, elle raconte son histoire.

Fille de deux artistes céramistes, un peu bohèmes, la petite Nadège grandit sans amour, entre un père indifférent et une mère à moitié folle. La bastide familiale est pour elle une sorte de prison, et sa chambre au 2ème étage son seul refuge. Déjà peu socialisée, son entrée à l’école maternelle et le contact soudain avec le monde bruyant de l’enfance lui vaut des moments de panique.

« Puis il y eut ce cri. Strident et prolongé. Un seul cri qui fit taire tous les autres. Dans un état second, j’ouvris les yeux. Le tourbillon s’était arrêté. Seul le cri survivait, aigu, infini. Le monde s’était figé. Il ne restait plus que des corps immobiles et des yeux fixés sur moi.
   Je compris lorsque la maîtresse affolée m’entraîna avec elle et que le silence revint. Ce cri provenait de ma bouche. Les enfants s’écartèrent sur notre passage, l’incompréhension et la peur imprimées sur leurs visages. »

Dès lors pour Nadège commence l’apprentissage de la manipulation. La naissance d’une petite sœur, lourdement handicapée, qu’elle surnomme « le monstre », viendra encore assombrir le tableau familial.

J’ai bien aimé la construction du roman, entrecoupé d’articles de journaux et extraits de PV d’audition. Il n’y a pas d’enquête à proprement parler. C’est Nadège qui nous raconte son parcours, l’inéluctable métamorphose qui la conduira, d’enfant insignifiante et apeurée, à devenir une tueuse froide et calculatrice, cachée à la perfection sous le masque de l’institutrice compétente et attentionnée.

« Vous n’imaginez pas ce qui peut se passer dans une salle de classe lorsque vous avez tourné les talons et que la porte de l’école se referme sur vos enfants, seuls pendant des heures avec l’adulte en qui la société vous a dit de faire confiance.
Lorsque le calme était total, lentement, à contre-jour, je savourais de voir mon ombre effleurer ces petits corps immobiles et sans défense sous le regard de mes collègues et de certains parents qui, à travers la vitre, en venaient à oublier la silhouette des usines aux fumées mortifères. Ils ne s’attachaient qu’à la sérénité de l’instant sans percevoir ce que moi je voyais : un alignement de petits cadavres sur lesquels je régnais. »

L’écriture est dynamique, empreinte de réalisme. La psychologie de Nadège, la façon dont elle planifie ses meurtres, son manque total d’empathie, et le plaisir qu’elle prend à faire le mal sont très bien décrits.
Les chapitres défilent sans accroc, en un angoissant engrenage infernal, dont on ne sait que trop bien où il va nous conduire.
Malgré moi, je me suis laissé captiver par ce personnage, pourtant éminemment détestable. Entraîné dans le sillage de cette femme insensible et glaciale, experte en manipulation, jusqu’à son procès et le dénouement de son histoire, en forme de point final… ou point d’interrogation ?

Une très bonne lecture, que je recommande…
Éditions Taurnada, Janvier 2019

4e de couverture :

En attendant son jugement, du fond de sa cellule, Nadège Solignac, une institutrice aimée et estimée, livre sa confession. Celle d’une enfant ignorée, seule avec ses peurs. Celle d’une femme manipulatrice et cynique. Celle d’une tueuse en série froide et méthodique. Un être polymorphe. Un visage que vous croisez chaque jour sans le voir. Une ombre. Une ombre assassine.

 

 

L’auteure:

Estelle Tharreau
Après avoir travaillé dans le secteur privé et public, cette passionnée de littérature sort son premier roman en 2016, Orages, suivi de L’Impasse en 2017. Depuis, elle se consacre entièrement à l’écriture, avec De la terre dans la bouche en 2018,  et ce dernier roman, Mon ombre assassine, en 2019.

 

Isabelle Villain – Mauvais genre

Hugo Nicollini est un garçon calme et sensible, peut-être un peu trop couvé par sa mère, au grand dam de son père, qui voudrait le voir s’adonner a des activités un peu plus viriles, comme le foot par exemple. Cet homme  est très violent envers son épouse, et lorsque les coups pleuvent, c’est Hugo qui se charge d’appeler les secours. Un soir, une autre dispute, plus violente que les précédentes verra sa mère succomber sous les coups de son mari. Cette fois-ci, Hugo appellera non seulement les secours, mais aussi la police. Au procès de son père, il sera également son premier accusateur.

Vingt-trois ans plus tard : Angélique, une jeune kinésithérapeute rentre chez elle après s’être disputée avec son ami. Au petit matin on la retrouve poignardée dans son appartement. L’affaire est confiée à l’équipe de la Commandante Rebecca de Lost. Les premières constatations, absence de traces d’effraction, de vol, et de blessures de défense donnent à penser que la victime connaissait son agresseur.

« De l’autre côté de la porte laissée entrouverte, les voisins enfermés à double tour et bien emmitouflés sous leur couette douillette dorment à poings fermés. Ils n’entendent ni les cris ni le bruit sourd d’un corps qui tombe à terre. »

A l’autopsie, le légiste va faire une découverte surprenante qui va orienter l’enquête vers le petit ami. Quels étaient les motifs de leur dispute, le soir précédant le drame ? Pendant que Rebecca de Lost et son équipe commencent à exploiter les différentes pistes qui s’offrent à eux, une femme est retrouvée morte étouffée et les mains broyées.

« Dans sa poche de veste apparaît une feuille de papier sur laquelle est inscrit un mot « En souvenir du bon vieux temps, pour vous Commandant de Lost ». »

 

Tous les éléments de la scène de crime font penser au « tueur au marteau » qui a sévi sept ans auparavant. Mais Rebecca et son équipe l’ont arrêté et il purge sa peine de prison… Auraient-ils commis une erreur et arrêté un innocent à l’époque ?

Rebecca est veuve, la quarantaine bien entamée. Depuis la mort de son mari, elle se consacre entièrement à son métier. Sa relation avec Tom, un policier d’une autre brigade, lui apporte un certain équilibre sentimental. Elle gère son équipe d’une main ferme, en tenant compte de la personnalité de chacun pour arriver à faire fonctionner le groupe avec le maximum d’efficacité. Et elle en aura bien besoin, avec ces deux affaires simultanées qui lui tombent dessus, et dont l’une la touche à titre très personnel.

Le personnage de Rebecca de Lost apparait dans d’autres romans d’Isabelle Villain. Il n’est pas nécessaire de les avoir lus, pour arriver à cerner les personnages de Rebecca et de son équipe, à qui on s’attache rapidement.

Le roman est constitué en chapitres courts, d’une écriture nerveuse, et ne nous laisse que peu de temps de répit. Les indices, fausses pistes et rebondissements se suivent jusqu’au dernier coup de théâtre, vraiment inattendu.  Une dernière surprise, en forme de « cliffhanger » qui nous laisse augurer d’une possible suite.

Ce roman aborde différents sujets de société, parmi lesquels la violence domestique. Elle traite de ces sujets avec tact et intelligence. Je n’avais pas le plaisir de connaître la plume d’Isabelle Villain, et la découverte de ce thriller dynamique et nerveux est pour moi une très bonne surprise. Éditions Taurnada, novembre 2018.

    4ème de couv:

mauvais-genre1Hugo Nicollini est un garçon différent des autres gamins de son âge. Un père brutal. Une maman protectrice. Un soir, il est témoin d’une dispute entre ses parents. Une de plus. Une de trop. Cette fois-ci, sa mère succombera sous la violence des coups. Vingt-trois ans plus tard, l’équipe du commandant Rebecca de Lost enquête sur la mort d’une jeune femme, sauvagement poignardée dans son appartement. Pas d’effraction. Pas de vol. Pas de traces de défense. L’entourage de la victime est passé au crible, et l’histoire du petit Hugo va refaire surface bien malgré lui.

    L’auteure:

Née au Maroc en 1966, Isabelle Villain a travaillé pendant une quinzaine d’années dans la publicité, l’évènementiel et l’organisation de salons professionnels. Amatrice de littérature policière depuis l’enfance, elle obtient en 2015 le prix Maurice Bouvier pour Peine capitale, et en 2016 le prix polar du festival Jeter l’Encre pour Âmes battues.

         

Emmanuel Grand – Kisanga

Paris, cimetière de Montrouge : Michel Kessler, ingénieur du groupe minier Carmin, assassiné en République Centrafricaine, est porté en terre. Michel, pourtant habitué de l’Afrique et de ses dangers, était sorti sans protection rapprochée. Olivier Martel est venu rendre un dernier hommage à celui qui fut son mentor.

Le même jour à 20 heures, au Musée de la Marine à Chaillot, une conférence de presse est organisée par le groupe Carmin, dans le but d’annoncer la création d’un partenariat entre Carmin et Shanxi, une compagnie chinoise. Cette association concerne l’exploitation d’un gisement de cuivre à Kisanga, en République Démocratique du Congo (anciennement Zaïre).
Raphaël Da Costa, journaliste d’investigation, est chargé par son rédac-chef de couvrir cet événement. Dix ans auparavant, Raphaël avait découvert un scandale impliquant CMA, une filiale du groupe Carmin. Sans preuves pour appuyer son dossier, cette affaire lui avait explosé à la figure et laissé professionnellement brisé.
A la City de Londres, en marge des tractations commerciales, se joue une autre partie. Edwin Prescott, un jeune trader, est chargé de « vendre » le projet à des investisseurs, avant la publication officielle de l’accord de partenariat.
L’équipe restreinte, à laquelle participe Olivier Martel, se rend sur le territoire congolais, pour les premiers sondages sur les sites d’extraction.
Parallèlement, les Services secrets français rappellent un de leurs meilleurs agents, et le chargent de récupérer un document compromettant, en rapport avec le scandale qu’avait découvert Raphaël il y a dix ans.

Avec ce roman, Emmanuel Grand nous fait toucher du doigt la situation dramatique de la République du Congo, et de l’Afrique en général. L’extraordinaire richesse de son sous-sol en matières premières rares attise toutes les convoitises. Toutes les industries ont un besoin pressant des matériaux que l’on trouve ici en quantité, parmi lesquels le coltan et la cassitérite, essentiels à la fabrication des téléphones portables et autres matériels de haute technologie.

« La Bible, continua-t-il sur un ton emphatique, dit que « si tu passes dans la vigne de ton prochain, tu pourras manger du raisin à ton gré, jusqu’à satiété, mais que tu n’en mettras pas dans ton panier. Si tu traverses les moissons de ton prochain, tu pourras arracher des épis avec la main, mais tu ne porteras pas la faucille sur la moisson de ton prochain ». Mais le Blanc, lui, a mis la vigne dans son panier. Et il a porté la faucille sur notre moisson. Il s’appelait Léopold. Son règne a duré cent ans et l’indépendance n’a rien changé. Hier c’était l’ivoire et le caoutchouc, aujourd’hui c’est le cuivre, l’uranium, l’or et les diamants. »

Le pillage en règle des ressources du pays est organisé,  depuis l’intérieur, par divers groupes armés, des factions rebelles au gouvernement, comme les tutsis de la région du lac Kivu, soutenus par le Rwanda voisin, mais également par les pays industrialisés, comme la France ou la Chine, entre autres. A ce propos, Emmanuel Grand met l’accent sur la main mise grandissante de la Chine sur le continent africain, ce pays ayant de gigantesques besoins pour alimenter sa formidable croissance.

La narration, alternant les points de vue des différents protagonistes de l’histoire, progresse à un rythme soutenu, qui nous tire toujours plus vers l’avant, en un formidable page-turner. Les personnages sont psychologiquement bien campés, Tuju Olonga, le « fixeur1 » illustre à lui seul toute la complexité de ce pays déchiré. Olivier Martel le jeune ingénieur, Raphaël Da Costa l’opiniâtre journaliste et le mercenaire Pierre Lauzière, chacun obéit à des motivations différentes dans le cadre de cette intrigue. Entre magouilles politiques, tractations financières et coups tordus, Kisanga, mirifique accord d’exploitation minière, ne serait-il en réalité qu’un vaste marché de dupes ?

Ce roman nous dépeint la réalité géographique, politique et économique de cette région des Grands lacs d’Afrique où, dans le silence assourdissant des nations, une guerre civile dure depuis 20 ans, et a causé plus de 5 millions de morts, autant que la Shoah. La communauté internationale reste passive, les intérêts commerciaux passant avant toute considération humanitaire.

« Le Congo était maudit par les trésors de ses entrailles, un cancer qui prospérait dans son ventre et qui rendait les hommes fous à lier, violeurs, assassins, qui de son voisin, qui de sa sœur, qui de son frère. Faustin Iseidi, Wange, Tuju Kolonga. Tous, sans exception, avaient succombé à cette folie. »

C’est à la fois un  thriller, roman d’aventures et roman noir, qui mêle l’espionnage, la politique et les magouilles financières. La frontière entre la fiction et la réalité étant bien mince dans ce cas, c’est une réflexion, très documentée et pleine de bon sens sur la situation géopolitique en République du Congo et en Afrique en général.

De ce roman ressort l’affection profonde que l’auteur porte à ce continent. Emmanuel Grand aime l’Afrique, la ressent, la respire et retransmet au lecteur ses propres émotions, intactes.
J’ai adoré lire ce roman, et je le recommande sans réserve aux amoureux de l’Afrique …et aux autres.

Éditions Liana Levi, 2018

1 : fixeur : guide et homme de confiance qui « fixe », c’est-à-dire résout les problèmes.

Pour de plus amples informations sur les réserves de matières premières de la République Démocratique du Congo, je vous invite à consulter cet article :
https://www.agoravox.fr/actualites/international/article/les-ressources-de-la-republique-59488

4ème de couv :

Il y a foule dans les salons du musée de la Marine. Sous les applaudissements de tout le gotha politico-économique, la compagnie minière Carmin célèbre le lancement de Kisanga : un partenariat historique avec le groupe chinois Shanxi pour co-exploiter un fantastique gisement de cuivre tapi au coeur de la savane congolaise. Les ministres se félicitent du joli coup de com’ avant les élections ; les golden boys de la City débouchent le champagne. Mais au même moment, Carmin rend un dernier hommage à l’un de ses cadres décédé dans des circonstances suspectes tandis que les services français font appel à leur meilleur barbouze pour retrouver un dossier brûlant disparu à l’est du Congo. La mécanique bien huilée s’enraye et débute une course contre la montre entre une escouade de mercenaires armés jusqu’aux dents, l’ingénieur de choc chargé de piloter Kisanga et un journaliste opiniâtre qui sait mieux que personne que sous les discours du pouvoir se cache parfois une réalité sordide. Cette histoire de manipulation, où la vérité se dérobe jusqu’à la dernière page, se déploie sur fond de mutations économiques en Afrique et de collusion des pouvoirs autour du trésor empoisonné que constituent les richesses de son sous-sol.

L’auteur :

Emmanuel Grand, né en 1966, vit en région parisienne. Terminus Belz (Liana Levi 2014, Points 2015, Prix Polar SNCF) et Les Salauds devront payer (Liana Levi 2016, Livre de poche 2017), l’ont imposé dans le paysage du thriller social à la française.

Richard Montanari – Confession

Bienvenue à Devil’s Pocket (La Poche du Diable). C’est « dans l’ombre du pont de South Street un petit quartier d’environ soixante-dix familles replié sur la rive est du cours d’eau, un amas de maisons mitoyennes à bardeaux délabrées, de terrains de jeux bitumés, de petites épiceries et de bâtiments en briques brunes, aussi vieux que la ville elle-même. »

Il y a 40 ans, Kevin Byrne était en vacances à Devil’s Pocket. Lors de cet été 1976, une gentille fillette du quartier a été assassinée. « Catriona Daugherty était morte. Elle était morte et le monde ne serait plus jamais le même. » C’était une amie de Kevin et de sa bande de copains, dont aucun n’avait atteint l’âge de 14 ans. Moins d’une semaine plus tard, Desmond Farren, le fils ainé du clan Farren, notoirement malfaisants, est retrouvé mort, tué d’une seule balle à l’arrière du crâne.

De nos jours, Kevin Byrne, inspecteur à la Criminelle de Philadelphie, se trouve confronté à une série de meurtres atroces. A chaque fois le tueur découpe et emporte le visage de sa victime. Bien que les meurtres présentent des similitudes évidentes, rien ne semble relier les victimes. Sur chaque scène de crime, on découvre un mouchoir de lin portant une mystérieuse inscription : cinq lettres qui restent pour les enquêteurs une énigme, et prouvent que ces meurtres ne sont pas dus au hasard.

Dès le début, le lecteur sait que ces meurtres sont l’œuvre de « Billy le Loup », un des frères de Desmond, qui poursuit une vendetta personnelle.

Ces meurtres résonnent comme l’écho d’un meurtre commis il y a des années dans le quartier de Devil’s Pocket, et jamais élucidé. Au fur et à mesure de l’enquête, l’intrigue criminelle colle à l’histoire captivante des résidents du quartier, de ceux qui ont pu en partir, ceux qui y sont restés, et ceux qui y sont enterrés.

On retrouve dans ce roman le duo Byrne/Balzano. Kevin Byrne est toujours inspecteur, et Jessica, son ancienne coéquipière, est maintenant assistante au Bureau du Procureur. Toute cette affaire semble trouver ses racines dans le passé, dans ce quartier populaire de Devil’s Pocket, peuplé de gens de condition très modeste et où Kevin Byrne passait ses vacances. En fait, tout un échantillon d’humanité, depuis Flagg, le vieux grincheux propriétaire du magasin où les gamins volent à l’étalage, jusqu’à Anjelica Leary, une infirmière à domicile fatiguée et dévouée. L’auteur prend soin de montrer l’humanité qui habite chacun des personnages. Même Billy, vraiment monstrueux, peut aussi nous inspirer de la sympathie et de la pitié, dans sa relation avec Emily.

L’écriture est parfaitement maîtrisée, au service d’une intrigue impeccable dans sa construction, avec une description très précise des procédures policières et médico-légales. Même si ce roman, admirable de noirceur, n’est pas un « whodunnit », le développement du scénario compte nombre de coups de théâtre pour tenir le lecteur en haleine jusqu’à son dénouement.
Les familiers de Montanari et de son détective Kevin Byrne auront apprécié les flash-backs sur l’enfance de ce dernier, nous permettant de connaître et d’apprécier davantage le personnage.
Comme Michael Connelly avec los Angeles, George Pelecanos avec Washington DC, ou Dennis Lehane avec Boston, Richard Montanari est l’écrivain d’une ville, Philadelphie « la ville de l’amour fraternel ». Surnom quelque peu galvaudé si l’on songe au taux de criminalité de cette ville, l’un des plus élevés des États-Unis.
C’est pour ma part une très bonne lecture, et Montanari s’affirme encore avec ce roman parmi les grands auteurs de thrillers Américains.
Éditions, Le Cherche Midi, 2018

4ème de couv :

Lorsqu’on est flic trop longtemps dans la même ville, toutes les rues mènent à des souvenirs que l’on préférerait oublier.
Chaque nouveau meurtre vous en rappelle un autre.
L’obsession n’est jamais loin.
Pour Kevin Byrne, inspecteur des homicides à Philadelphie, le traumatisme originel a eu lieu en 1976. Encore adolescent dans le quartier défavorisé de Devil’s Pocket, il a été impliqué de près dans un meurtre jamais résolu.
La fin de l’innocence pour Byrne.
Quarante ans plus tard, une affaire de meurtres en série le ramène à Devil’s Pocket, à ses amis d’alors, à ce passé qu’il a essayé, en vain, d’oublier.
Bientôt, le voile va se lever sur des secrets, des mensonges et une vérité qu’il aurait peut-être mieux valu ne jamais connaître.

L’auteur :

Richard Montanari, né en 1952 est un journaliste, essayiste et auteur de roman policier Américain.
Né dans une famille Italiano-Américaine traditionnelle, il a fait ses études d’anglais à l’Université Case Western Reserve et à Cleveland Institute of Art sans toutefois obtenir de diplôme. Il a beaucoup voyagé à travers l’Europe, vivant à Londres pendant un certain temps, où il a exercé plusieurs petits métiers.
Après avoir travaillé pendant cinq ans dans la société familiale spécialisée dans le bâtiment, il se lance dans l’écriture et le journalisme. Pendant plus de dix ans, il a écrit des essais, des critiques littéraires et des articles.
En 1995, il publie son premier roman, « Deviant Way » (aussi paru sous le titre Don’t Look Now), premier volume d’une série consacrée à Jack Paris, un détective de Cleveland. Le livre devient un bestseller et obtient le prix Online Mystery (OLMA) de premier roman policier en 1996.
Le premier roman de la série mettant en scène le duo Byrne-Balzano, « Déviances » (The Rosary Girls), est publié en 2006 aux éditions « Le Cherche Midi ».

Gaëlle Perrin-Guillet – Soul of London

C’est dans le quartier de Marylebone, à Londres, que nous transporte Gaëlle Perrin-Guillet, en cet hiver de 1892.
Henry Wilkes, inspecteur de police, handicapé depuis qu’il a été renversé par un fiacre, ne peut plus se rendre sur le terrain à cause de sa jambe blessée. Il doit à l’amitié d’Andrew Parker, son chef de service, de ne pas avoir été congédié pour incapacité. Il lui a même attribué un bureau d’où, dans la totale indifférence, voire la moquerie de ses anciens collègues, il s’occupe d’enquêtes mineures.
« Après quelques foulées laborieuses, sa jambe commença à se dégourdir et sa démarche s’en trouva allégée. Henry savait qu’un jour, cette canne dont il ne pouvait pas se passer deviendrait un objet de snobisme plus qu’une jambe de secours. Et ce jour-là, il pourrait renaître. En attendant, il s’obligeait à arpenter les trottoirs. Quand la douleur devenait trop forte, il s’asseyait sous un porche quelques minutes, puis claudiquait jusque chez lui où il s’effondrait dans son lit.  Aujourd’hui, il se sentait bien, prêt à battre le pavé. »

Il a recueilli chez lui Billy Bennett, un orphelin parmi les milliers que compte Londres. Ce jeune garçon, vif et intelligent, l’assiste dans sa vie de tous les jours et dans ses enquêtes. Sa connaissance du terrain, son sens de l’observation, alliés à un coup de crayon très sûr sont pour Wilkes une aide précieuse.
Dans les tunnels du métro, on retrouve des cadavres de chiens affreusement mutilés, le crâne ouvert. Ce dossier jugé secondaire, ne pouvait bien sûr échapper  à Wilkes.

Un soir se présente à sa porte une certaine Alice Pickman, qui vient demander à Wilkes d’enquêter sur le meurtre de sa sœur Emily, infirmière à l’hospice, retrouvée morte dans un quartier mal famé.
Wilkes n’est pas insensible à la détresse d’Alice et, à titre non officiel accepte de se charger de l’enquête. Bennett et lui devront agir en toute discrétion, afin de ne pas ébruiter l’affaire car les habitants de Londres ont encore en mémoire les jours sinistres où Jack l’Éventreur sévissait dans la capitale, et il s’en faudrait de peu que la psychose gagne à nouveau la population.

J’ai trouvé à ce roman le goût suave et sucré des bonbons anglais que j’adore. Il m’a fait penser à l’univers d’Arthur Conan Doyle, le père de Sherlock Holmes. L’ambiance du Londres de l’époque victorienne est très bien rendue. Le duo très improbable que forment l’inspecteur Wilkes et Bennett l’ex-gamin des rues inspire instantanément la sympathie. Les autres personnages, bien dessinés, sont tout à fait dignes d’intérêt, parmi lesquels Alice Pickman pour qui Henry Wilkes semble éprouver une certaine inclination.
« – Tu me prends pour Sherlock Holmes, Billy ? Combien de fois devrai-je te dire que cet homme n’existe pas et que personne ne peut deviner autant de choses rien qu’en regardant des gouttes de pluie sur un pantalon ?
– Alors, comment avez-vous…
Ah ! Je sais ! Vous êtes un fieffé coquin, monsieur! Vous m’avez vu, tout simplement ! »

Au travers de l’intérêt que porte Wilkes au feuilleton publié dans « Le Strand », dont l’auteur est un certain Conan Doyle, j’ai bien aimé le petit clin d’œil à Sherlock Holmes, dont l’ombre tutélaire semble planer au dessus cette histoire.
Le Londres du XIXème siècle, dans lequel évoluent Wilkes et Bennett est plus lisse, moins glauque et sordide que l’on ne pourrait s’y attendre.
Le style et l’écriture sont fluides, d’une élégante simplicité, sans aucune préciosité et d’une extrême justesse de ton.
Le scénario et l’intrigue sont bien structurés, les différents rebondissements bien amenés, jusqu’au twist final, que je n’ai pas su anticiper.
J’ai trouvé la lecture de ce « Soul of London » particulièrement plaisante et, ma foi, je referai bien un bout de chemin en compagnie d’Henry Wilkes et de William Bennett, s’il leur prend l’envie de me convier à leur prochaine enquête.
Un polar au goût « so british », I like it !

Éditions Fleur Sauvage, 2016

4ème de couv :

Londres, 1892. Londres, 1892. Un climat de peur. Un flic qui boîte et un jeune orphelin.
Tous deux face à un meurtre… … dont il ne fallait plus parler.

 

 

 

L’auteure :

La petite quarantaine, vivant sur Lyon, Gaëlle Perrin-Guillet auto-publie deux romans (« Le sourire du diable » et « Au fil des morts ») avant de participer à deux recueils des Auteurs du noir face à la différence (éditions JIGAL et L’atelier Mosésu). Viendra « Haut-le-Choeur », publié aux Éditions Rouge Sang, qui obtint le Prix du Polar 2014 Dora Suarez.
« Soul of London » est sa première publication chez Fleur Sauvage.
« Black past », la deuxième enquête du duo Wilkes-Bennett, est à paraître le 14 février 2018.

Florent Marotta – Le meurtre d’O’Doul Bridge

Michael Ballanger, coach de vie, s’est exilé aux Etats-Unis, après le drame qui a fait exploser sa famille. Il prodigue à ses clients des conseils de psychologie pour s’épanouir dans leur vie professionnelle ou personnelle. Là-bas, il rencontre un succès grandissant dans sa méthode de coaching. Il a même sa propre émission de radio. Sa méthode : « toujours dire la vérité au client, même si elle est dure à entendre ».

Au sortir d’une consultation, un de ses clients est assassiné, près de l’O’Doul Bridge. Le lendemain, alors qu’il dîne avec un ami, Michael reçoit un coup de fil de la police, demandant à le voir pour « affaire le concernant », sans plus de détails. Il n’accorde pas trop d’importance à cette demande et part  en weekend avec son amie Kim, à son chalet de Shaver Lake où la police vient le chercher, au beau milieu du weekend. Le Lieutenant Larkin, véritable caricature de flic borné, lui reproche de n’avoir pas répondu à la convocation, et d’avoir pris la fuite. Le dernier numéro composé par la victime était justement celui de Michael.
Or, Calvin Tenneson, la victime, était marié à Teagan Robbins-Tenneson, présidente de l’empire pharmaceutique Robbins, ce qui semblerait expliquer le zèle excessif de Larkin.

Michael ne peut donner beaucoup d’informations aux policiers, malgré leur insistance. En consultation, Calvin lui avait dit qu’il souhaitait changer de vie, mais sans donner plus de précisions. Il a été assassiné non loin de Castro Street, le quartier gay de San Francisco, et le jour de son assassinat il conduisait une voiture de location. Ce besoin de discrétion cachait-il une liaison extraconjugale, ou bien une autre, moins avouable ?
 
Par ailleurs, sa fille Karine annonce à Michael qu’elle vient passer quelques jours chez lui à San Francisco. Leurs relations étaient pour le moins distantes depuis le drame. Ce séjour le fragilise psychologiquement, car malgré le bonheur de revoir sa fille, il est très inquiet de l’attitude qu’elle va avoir à son égard, et lui reviennent en mémoire les journées du drame vécu par la famille, dont il fut malgré lui le déclencheur.

 « Mais la réalité était tout autre. On quittait difficilement son confort, ses habitudes. Il se racontait une fable et le savait, mais il s’en foutait. Dans son histoire, il n’y avait pas de morale. »

Michael, agacé par sa mise en cause et par l’attitude de la police, commence à enquêter de son côté avec l’aide de Sean Milgram, journaliste échotier d’une publication de la communauté gay. Avec l’aide de ce journaliste paranoïaque, mais aux multiples ressources, Michael va pouvoir avancer dans ses recherches, et explorer de front plusieurs pistes, du crime homophobe de skinheads nazis, jusqu’au crime crapuleux, impliquant la richissime veuve pas très éplorée.

L’intrigue en elle-même est assez simple et n’offre que peu de rebondissements. L’intérêt réside surtout dans les personnages qui peuplent ce roman. Michael, hanté par son drame passé, ne peut dormir sans l’aide de somnifères à moins de revivre (et nous les vivons avec lui), tous les évènements qui l’ont conduit jusqu’ici. Il y a en lui une réelle ambivalence, il paraît incapable d’appliquer les conseils de vie qu’il prodigue à d’autres. Le Lieutenant Larkin et le détective Kukotch forment un binôme paradoxal : l’un borné, paresseux, raciste, xénophobe et homophobe; l’autre pondéré et plus intuitif, conscient des défauts de son supérieur, mais il doit faire profil bas, hiérarchie oblige. Le journaliste Sean Pilgrim, dont la paranoïa atteint des sommets, apporte un réel plus, de par les éléments qu’il apporte à l’enquête. La présence des deux personnages féminins Karine et Kim est à mes yeux plus anecdotique, et influe peu sur le déroulement de l’histoire.

L’enquête n’est pas facile à mener, car Michael doit évoluer dans le milieu gay, qui demeure assez fermé et méfiant. Marqué à la culotte par le Lieutenant Larkin qui guette la moindre occasion pour le faire plonger, il doit également composer en plus des skinheads, avec des sbires à la solde de la veuve, une femme autoritaire et pleine de morgue, qui a l’habitude que tout le monde plie devant elle.

Les personnages sont attachants, l’écriture est vive, le rythme et l’action ne faiblissent pas. Les retours dans le passé insérés entre les chapitres nous aident à mieux comprendre ce qu’a vécu Michael, et comment il y fait face. Tout est réuni pour nous entraîner à la suite de Michael dans une histoire qui, si elle ne nous réserve pas de coup de théâtre, garde tout de même un attrait certain, et au vu du dénouement, laisse penser à une suite possible.
En somme, un bon roman pour une lecture fort agréable et distrayante.

Éditions Taurnada, Septembre 2017

4ème de couv :

San Francisco, sa baie, son océan, sa population cosmopolite. C’est dans cette ville de l’Ouest américain que Michael Ballanger a décidé de se reconstruire. Loin de sa famille en lambeaux, loin de la France où un tueur en série mit sa vie en miettes. Le coach de vie à succès renaît avec la difficulté qui suit la perte d’un être cher. Mais le voilà mêlé au meurtre d’un notable. Au moment de mourir, l’homme a composé un numéro, le sien. Alors la tourmente l’emporte. Réveillant les douleurs du passé.

 

L’auteur :

Florent Marotta est né dans la Loire en 1976. Après une première carrière sous les drapeaux où il passe successivement de soldat à officier de police judiciaire.
Son amour pour l’écriture le pousse à composer des fictions sous forme de thriller ou de fantasy.
Il est aussi l’auteur de :
Projet T (2012)
L’échiquier d’Howard Gray (2012)
Injection de réalité 2.0 (2013)
Le visage de Satan (2015)

 

Sandrine Roy – Pas de printemps pour Éli

On retrouve dans ce roman Éli et  Lynwood, personnages du roman précédent (cf. Lynwood Miller). Après un séjour de quelques mois au Centre Recouvrance, en une sorte de retraite destinée à soigner ses blessures morales, Éli s’est retirée dans les Pyrénées, en compagnie de Lynwood. Là, ils peuvent enfin profiter l’un de l’autre.

Un coup de fil en provenance du Texas va troubler leur douce quiétude. Le père de Lynwood est décédé et il doit retourner au Texas pour les obsèques. Éli ne veut pas le laisser seul, et insiste pour faire le voyage avec lui, malgré ses phobies. Arrivé au Texas, Lynwood, présumé mort depuis plus de 20 ans, se présente comme un ami de James, son frère. Éli, de son côté, arrive à tisser un lien privilégié avec Meriwether, le fils de James. Cet enfant autiste qui refusait tout contact physique, s’ouvre complètement en sa présence. Les capacités extraordinaires d’Éli  charment littéralement toute la famille et les employés du ranch.
« Les employés du ranch étaient agglutinés derrière les barrières, applaudissant un stupéfiant spectacle. Éli, en robe d’été, montait l’immense Sparkle qu’elle guidait à l’aide d’une simple bride et de ses jambes nues qui enserraient ses flancs. Meri, planté au beau milieu du champ, très excité, frappait dans ses mains en poussant de grands cris, suivant l’évolution du cheval et de sa cavalière qui enchaînaient les cercles autour de lui. L’enfant arborait un visage radieux, fasciné par les mouvements circulaires de Sparkle qui tournait avec grâce. »

Le lendemain des obsèques, James reçoit une enveloppe contenant des photos de Meriwether, vraisemblablement prises pendant la cérémonie funèbre.
Ces photos sont accompagnées d’une simple phrase lapidaire : « ANGELO COSTA DOIT ÊTRE ACQUITTÉ ». Il s’avère que Meriwether a été enlevé du centre spécialisé où il est placé.
Angelo Costa, parrain local impliqué dans divers trafic d’armes, doit prochainement être jugé au tribunal d’Abilene, dans un procès que doit présider James. A partir de ce moment-là, Lynwood, va redevenir John Callaway, ancien des Forces spéciales. Avec l’aide de Paul Smith, un employé de James, et des dons très particuliers d’Éli, ils vont tout faire pour rendre Meriwether à sa famille.

J’avais déjà beaucoup apprécié « Lynwood Miller », le premier ouvrage de l’auteure, et j’étais impatient de découvrir quelles perspectives elle allait donner à ses personnages. Je n’ai pas été déçu, Sandrine Roy nous offre un thriller différent, d’ailleurs la couverture nous prévient : « roman policier, mais pas que… ». C’est effectivement le cas. Lynwood Miller, alias John Callaway, ancien des Forces spéciales vit avec Éli une histoire d’amour extraordinaire : les dons de la jeune femme font qu’ils sont connectés quasiment en permanence l’un à l’autre. Ces dons spéciaux en matière de télékinésie et de suggestion mentale apportent une petite touche de surnaturel, qui ne déséquilibre pas l’ensemble.
Sandrine Roy a su créer des personnages bien marqués, qui nous accrochent instantanément et on se prend à suivre avec le plus grand intérêt ce cocktail d’un tiers de fantastique, un tiers d’aventure, un tiers d’amour et un gros tiers d’action. Ça fait quatre tiers, me direz vous, (mais comme disait César : « ça dépend de la grosseur des tiers »). Pour ma part, le gros tiers « baroudeur » de Lynwood a ma préférence. Il me fait un peu penser à Jack Reacher, le héros de Lee Child. Comme lui, il arrive à se sortir de situations qui paraîtraient irrémédiablement compromises au commun des mortels.
C’est écrit sans affectation, d’une plume légère et alerte. Entre l’idylle, l’intrigue et les multiples rebondissements de l’action, l’auteure ne nous laisse pas le loisir de nous endormir.
Pour conclure, des personnages attachants, au service d’une histoire très plaisante qui m’a valu de passer un bon moment de lecture. S’ il y a une suite, je suis preneur…

Éditions Lajouanie, Septembre 2017

4ème de couv :

Le beau mais ténébreux ex-GI coule le parfait amour avec la jeune, belle mais très curieuse Éli. Tous deux profitent béatement des douceurs de l’été pyrénéen lorsqu’un coup de téléphone vient rompre cette quiétude : le père de Lynwood est décédé. L’ancien membre des forces spéciales américaines va devoir retourner au Texas pour l’enterrement. Il va lui falloir aussi révéler à ce qui reste de sa famillle qu’il n’est pas mort depuis vingt ans ! Sa fiancée est, bien sûr, du voyage. Tout juste arrivé dans le ranch familial pour les obsèques, le couple découvre que des truands font pression sur James, le frère de Lynwood, qui doit juger – et condamner ? – un redoutable trafiquant…

Drogue, assassinat, enlèvement, poursuites, massacre, rien ne manque à cette nouvelle aventure de Lynwood Miller au pays des cow-boys et… du gaz de schiste. Il faudra toute la détermination et les compétences particulières de l’ancien soldat et les pouvoirs quelque peu stupéfiants d’Éli pour sauver leurs proches des agissements de la pègre.

L’auteure :

Sandrine Roy est née à Bordeaux. Elle vit à Montauban où elle supporte l’équipe de rugby. Elle travaille dans un collège. Elle a commencé à écrire dès qu’elle a su tenir un stylo et est une grande lectrice, elle adore ses collègues de plume dont Sam Millar, Fred Vargas, Pierre Lemaitre…
« Pas de printemps pour Éli » est son deuxième roman après « Lynwood Miller », paru en 2016 aux Éditions Lajouanie.

Nicolas Lebel – De cauchemar et de feu

A Paris, en 2016, à quelques jours du dimanche de Pâques, le groupe du capitaine Mehrlicht est appelé sur les lieux d’un crime. Dans un pub parisien, un homme a été abattu de trois balles, une dans la tête et dans les deux genoux. A l’autopsie, son corps recouvert de tatouages celtiques et des lettres IRA.

« Une balle dans chaque rotule… Alors j’ai creusé et j’ai trouvé : c’était la punition des traîtres, des balances, en Irlande du Nord : le knee-capping. Quand le type pouvait remarcher, il boitait pour le reste de ses jours, indiquant par sa démarche à tous ceux qu’il croisait qu’il avait trahi. Dans des cas plus graves, les victimes recevaient aussi une balle dans les coudes et dans les chevilles… puis dans la tête. » 

En plein état d’urgence, et avec la proximité du Championnat d’Europe de football, Mehrlicht fait un peu la grimace. De plus, on vient d’adjoindre à leur groupe une nouvelle stagiaire. Mehrlicht, qui a toujours opposé une vive résistance à l’accueil de stagiaires, lui impose un baptême du feu un peu « hard ».
« Pendant longtemps, la police avait été une histoire d’hommes. Si aujourd’hui il avait toujours un peu de mal à accepter que les femmes y fissent le même travail, Mehrlicht ne pouvait se résoudre à y voir entrer des enfants… Vingt-trois ans ! Tout à son indignation, il ne voyait cependant pas que c’était à cette « enfant » qu’il imposait une autopsie. »

D’autres victimes sont bientôt à déplorer, retrouvées carbonisées par des bombes au phosphore. Et à chaque fois la même signature, un bonhomme bâton, semblable à un dessin d’enfant, et une phrase en gaélique Ná dean maggadh fum (ne te moque pas de moi) comme un jeu de piste que laisse l’assassin. A cause de ce dessin, le tueur est surnomme le Far Darrig, ou bien le Croquefeu, du nom d’un lutin des légendes irlandaises.
Pour cette enquête sur des cellules terroristes irlandaises, ils reçoivent bientôt le renfort du superintendant Mick Tullamore, un expert du contre-terrorisme de Scotland Yard.
Nicolas nous dévide son histoire, alternant le présent à Paris, et l’Irlande du Nord, où cinquante ans plus tôt, une bande de gamins du Bogside, le quartier catholique de Derry, en butte à la ségrégation et aux restrictions des droits civiques, participait aux premiers défilés et manifestations, prémisses d’une violence qui connaîtra son apogée en ce tristement célèbre dimanche sanglant du 30 janvier 1972.

J’ai beaucoup appris sur ce conflit, d’une grande complexité, eu égard au nombre important de factions mises en cause. Didactique sans être barbant, l’auteur nous donne ici une belle leçon d’histoire contemporaine, au travers de l’évolution de ces jeunes gens, au sein de leur époque, et des chemins différents qu’ils seront amenés à prendre. Ses personnages, rencontrés au fil des romans, je les ai retrouvés comme des amis un certain temps perdus de vue, chacun d’eux avec sa propre histoire: le rigide Mickael Dossantos, exalté du code pénal, qui a du mal à se dépêtrer de ses errements de jeunesse, la rousse bretonne Sophie Latour, avec son amoureux « sans-papiers » et bien sûr le capitaine Mehrlicht, petit bonhomme malingre à la figure de batracien et aux dents jaunes, ennemi juré de Julien Lepers, « le « dandy frisottant de France 3 », « l’égérie des mamies », « celui qui, sans ses fiches, n’était rien », était devenu sa bête noire, son ennemi personnel, et la simple évocation de l’Infâme suffisait à déclencher chez Mehrlicht les foudres les plus sombres… »

Ce dernier, s’il peut être par moments odieux, persistant à imposer à tout son entourage la fumée de ses Gitane, cache sous ses dehors abrupts beaucoup d’humanité.
On voit l’évolution de la relation avec son fils, tous les deux éprouvant, de façon différente, le manque de la mère et de l’épouse disparue. A ce propos, il y a deux pages magnifiques sur le travail de deuil, très bien vu et très bien analysé. Elles m’ont laissé les yeux humides et la gorge serrée. Combien le simple rangement d’une armoire peut s’avérer être une épreuve insurmontable.

Nicolas Lebel franchit encore un palier avec ce roman. Son écriture est fluide, agréable à lire, et il conjugue avec bonheur l’humour (voir les saillies verbales qu’il prête à Mehrlicht, et le commissaire Matiblout qui aime citer les présidents de droite, y compris Hollande), et un ton beaucoup plus sérieux lorsque la situation l’exige. Ses chapitres en forme de compte à rebours horaire, donnent à son histoire une sensation d’inéluctable, de catastrophe annoncée.

Héritier naturel de Dard et Audiard, il allie à sa gouaille naturelle une solide connaissance de la langue française. Certaines expressions argotiques m’ont valu de me « creuser un peu le caberlot », pour ma plus grande joie.
Il donne aussi quelques coups de griffe envers les médias, qui dans leur souci de sensationnel et de taux d’écoute, en sont amenés à transformer en vedettes « des petits délinquants arrachés à leur anonyme médiocrité, soudain portés aux nues pour leurs exactions ».

Je vous dirai en conclusion que j’ai pris un très grand plaisir à lire ce roman, un méga kiff, comme disent les « djeuns ». C’est à mon humble avis le roman le plus abouti de l’auteur à ce jour. Je ne peux que vous recommander sa lecture.

M.P : Merci pour ta confiance, Nicolas.

Éditions Marabout, 2017.

Et pour rester dans l’ambiance:

 

4ème de couv :

Paris, jeudi 24 mars 2016 : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front. À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules : IRA. Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu. Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

L’auteur :

Nicolas Lebel est linguiste, traducteur et enseignant.
Nicolas Lebel a fait des études de Lettres et d’anglais puis il s’est orienté vers la traduction. Il est parti en Irlande quelque temps avant de devenir professeur d’anglais. Il enseigne aujourd’hui dans un lycée parisien.
Il est aussi l’auteur de :
L’heure des fous (2013)
Le jour des morts (2014)
Sans pitié ni remords (2015)

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Mör – Johana Gustawsson

Mör, en suédois, adjectif qui signifie tendre, s’appliquant à la viande. Cet extrait du prologue devrait vous donner une idée de ce qui vous attend au long des pages de ce nouvel opus mettant en scène Emily Roy, la profileuse québécoise, et l’écrivaine Alexis Castells, rencontrées dans « Block 46 »…

« Lobes à ma façon
Trempez les lobes dans deux jaunes d’œufs battus.
Panez avec une chapelure de pain de mie.
Faites frire dans du beurre persillé.
Servez accompagné d’une purée à l’huile d’olive. »

En Suède, sur les berges de Torvsjön, près de Falkenberg, le corps d’une jeune femme est découvert nu et affreusement mutilé, exposé dans une macabre mise en scène. Karla Hansen, de la police d’Halmstad, est appelée sur les lieux.

« Une fille nue était assise par terre, adossée au tronc mort, les jambes écartées, les bras de part et d’autre de son corps, paumes vers le ciel. Sa tête était penchée en avant et son menton, plissé par la pose, touchait presque sa poitrine. Séparés par une raie médiane, ses longs cheveux blonds maculés de boue étaient ramenés derrière les épaules, dégageant ainsi son buste où deux cratères rouge sombre remplaçaient les seins. Le tueur avait également découpé de larges morceaux de chair au niveau des hanches et des cuisses. »
Les caractéristiques de ce meurtre forment la signature particulière de Richard Hemfield, le tueur de Tower Hamlets, interné en hôpital psychiatrique depuis 10 ans. Lors de son arrestation, il avait tué Samuel Garel, le compagnon d’Alexis Castells. Hemfield serait-il innocent, ou bien imité par un « copycat » ? Pourtant certains éléments de la signature ont été tenus secrets.
Alexis se refuse à croire en l’innocence de Hemfield. Elle ressent sa culpabilité comme une évidence, dans toutes les fibres de son corps.

Dans le même temps à Londres, Emily Roy est appelée en consultation sur un cas de disparition inquiétante : l’actrice Julianne Bell a disparu. L’exploitation des bandes des caméras de surveillance, omniprésentes à Londres, révèlent qu’à l’endroit où stationnait sa voiture a été abandonné un sachet de congélation contenant les chaussures de la disparue. Ce dernier élément qui faisait partie de la signature de Richard Hemfield, vient confirmer la relation existant entre les deux affaires.

« Richard Hemfield. Hemfield.
Il était partout, où qu’elle regarde ; comme le visage d’une maîtresse qui s’invite jusque dans votre lit. Leur rencontre à Broadmoor, la veille, l’avait fait régresser dans son processus de deuil. Son obsession n’avait pas été apaisée ; au contraire, elle avait été nourrie. Pétrie de haine et de colère, Alexis s’était laissé vampiriser et dévorer par cet homme qui l’avait déjà privée d’un chemin de vie. »

En Suède, l’équipe du commissaire Lennart Bergström, composée des détectives Kristian Olofsson et de Karla Hansen va se voir adjoindre une stagiaire pour le moins inattendue : Aliénor Lindbergh, une autiste Asperger au comportement déroutant, mais d’une redoutable efficacité dans le décryptage de documents et leur interprétation

Au cours de la narration, de fréquents retours en arrière nous conduisent dans le Londres de la fin du XIXème siècle, à l’époque de Jack l’Éventreur. Là débute l’histoire de Freda, une jeune Suédoise exilée à Londres dans l’espoir d’une vie meilleure, confiante en sa beauté pour échapper à la misère et s’élever dans la société. A cette même époque, le misérable et sordide cloaque qu’est le quartier de Whitechapel, est le terrain de chasse d’un certain Jack l’Éventreur.
« Freda suivait Liz en refrénant des haut-le-cœur. Trois mois qu’elle était arrivée en Angleterre, trois mois que Liz la traînait dans des pubs après leur journée de travail. Pourtant, Freda ne s’était toujours pas habituée aux odeurs à vous retourner l’estomac. L’air du Ten Bells était saturé de relents âcres de bière et de gin, de puanteur de vêtements crasseux et de remugles de corps malmenés par de longues journées de labeur. »

Johana Gustawsson applique à ce nouveau roman la même recette, tout aussi savoureuse, que celle utilisée pour « Block 46 » : elle nous balade entre présent et passé, entre Suède et Angleterre, pour notre plus grand plaisir. Les descriptions du Whitechapel de l’époque victorienne ont l’accent de l’authenticité et son évocation très approfondie des meurtres attribués à Jack l’Eventreur témoigne d’un gros travail de recherche.

Parmi les très nombreux personnages, Emily et Alexis gagnent en épaisseur et les « seconds rôles », comme Karla, Aliénor, Lennart ou Olofsson  sont traités avec beaucoup de soin. (J’ai bien aimé le personnage de Mado Castells, toute en exubérance méditerranéenne)… L’occasion pour moi de souligner cette ambivalence de Johana, toute en contradictions, entre rigueur nordique et chaleur méridionale.
Le propos est particulièrement sombre, et pourtant il n’y a pas de surenchère dans le gore. Les mutilations des victimes sont évoquées d’un point de vue assez froid, presque clinique. Quelques touches d’humour disséminées ici et là viennent adoucir l’ambiance macabre du récit.

Cette enquête sans temps mort, est servie par une écriture fluide, des chapitres courts qui alternent les personnes et les lieux, donnant au livre son rythme et maintiennent le suspense d’une intrigue tirée au cordeau, jusqu’au dénouement… renversant !

Johana Gustawsson nous concocte ici un thriller diabolique et ténébreux, superbement agencé, et confirme tout le bien que l’on pensait d’elle après son précédent roman. Elle signe ainsi son entrée dans le cercle très prisé des grandes dames du thriller.
A lire, absolument !!!

Editions Bragelonne, 2017

4ème de couv:

Mör : adj. fém. En suédois, signifie « tendre ». S’emploie pour parler de la viande. 
Falkenberg, 16 juillet 2015. Sur les rives d’un lac, on retrouve le cadavre affreusement dépecé d’une femme. Ses seins, ses fesses, ses cuisses et ses hanches ont été amputés de plusieurs kilos de chair.
Londres, le lendemain matin. La profileuse Emily Roy est appelée sur les lieux d’une disparition inquiétante : l’actrice Julianne Bell a été enlevée à l’aube, et ses chaussures ont été retrouvées à proximité de chez elle, emballées dans un sac de congélation.
Ces deux crimes portent la signature de Richard Hemfield, le « tueur de Tower Hamlets », enfermé à perpétuité à l’hôpital psychiatrique de haute sécurité de Broadmoor. Dix ans plus tôt, il a été reconnu coupable du meurtre de six femmes et de celui de l’ancien compagnon de l’écrivaine Alexis Castells. Comment alors expliquer que ses crimes recommencent ?
L’auteure:

Née en 1978 à Marseille et diplômée de Sciences Politiques, Johana Gustawsson a été journaliste pour la télévision et la presse françaises. Elle vit aujourd’hui à Londres, en Angleterre.
Après Block 46, sorti en 2015, Mör est son deuxième roman.

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