Jo Nesbø – Rue Sans-souci –

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Rue Sans-Souci… Drôle d’adresse, lorsqu’on est flic pour y trouver dans un appartement le cadavre d’une femme avec laquelle on vient de passer la nuit. Surtout lorsqu’on ne se rappelle de rien… Harry Hole n’est pas au bout de ses peines.

Un braqueur, comme en état de transe, a flingué à bout portant une caissière irréprochable après lui avoir murmuré à l’oreille ce qui aurait pu être des mots d’amour. Hole parle de meurtre, sa hiérarchie d’accident.

Tant de gens auraient intérêt à le voir tomber que le flic d’Oslo va devoir à nouveau composer avec la loi pour sauver sa peau comme pour traquer le Mal. Ce qu’il avait flairé sera bien au-delà des apparences. Du pur thriller.

Ce que j’en pense:

Je continue mon chemin en compagnie de Harry Hole, et il y a une constante dans les romans de Jo Nesbø, c’est la qualité… Autant la qualité de l’écriture, que de l’intrigue, ainsi que le soin tout particulier apporté aux personnages.

Ce roman commence fort, un braqueur de banque qui tue de sang-froid une caissière… A cette enquête vient s’ajouter le suicide, mais en est-ce un, d’une amie d’Harry.
Et en toile de fond, toujours cette quête acharnée d’Harry pour faire la lumière sur l’assassinat de sa collègue Ellen Gretchen (voir Rouge-Gorge), malgré le peu d’empressement de sa hiérarchie à le soutenir.

Les personnages sont très travaillés, depuis Raskol, le truand tzigane qui depuis sa prison dirige de multiples réseaux, et Beate Lonn, jeune policière à la mémoire phénoménale, dont on se doute qu’elle prendra de l’épaisseur dans les enquêtes à venir. Et toujours Tom Waaler, ce policier brillant, mais ripou, qui œuvre en coulisses à la perte de Hole. Au fur et à mesure, on en apprend un peu plus sur l’histoire des personnages et le pourquoi de leur évolution.

Une petite note d’espoir dans l’univers très noir de Harry, le retour de sa compagne Rakel et de son fils.

Comme toujours chez Nesbo, un sens inné de la narration et du suspense, des intrigues à multiples rebondissements. Je suis impatient de retrouver Harry dans « L’étoile du diable ».

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Jo Nesbo – L’étoile du diable

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L’index gauche de Camilla Loen avait été sectionné. Et sous une paupière, on avait trouvé un diamant rouge en forme d’étoile à cinq branches». Ce crime n’est que le premier d’une étrange série débutée lors d’un été caniculaire sur Oslo.

La presse à sensation peut annoncer en une et sans mentir que «Le voisin a goûté le sang» de la morte. Intuitif, acharné, rongé par le désespoir et confronté à des éléments corrompus de ses propres services, Harry Hole s’empare de l’enquête.

Le modus operandi est toujours le même : l’ablation de l’un des doigts des victimes et la présence à proximité des corps mutilés d’un diamant en forme de pentagramme, symbole occulte plus connu sous le nom d’«étoile du diable». La police doit se rendre à l’évidence : un serial killer opère dans les rues de la capitale norvégienne et, si le signe est celui du démon, le diable est rarement celui auquel on pense…

Ce que j’en pense:

Harry traverse vraiment une mauvaise passe… Sa relation avec Rakel s’est détériorée, et il n’arrive pas à se faire à l’idée que l’assassinat de sa collègue Ellen Gretchen reste impuni, d’autant qu’il a de fortes présomptions sur la culpabilité dans cette affaire d’un autre inspecteur de son commissariat.

Il a recommencé à boire, et ne doit sa survie dans les services de police qu’à la bienveillance de son chef, mais cette bienveillance a des limites. Il faut une affaire bien glauque, bien tordue, pour que le limier qui est en lui prenne le dessus sur ses autres démons. Et il va se donner entièrement à cette enquête, sourd aux déchirements de son corps qui réclame sa dose d’alcool. Parallèlement, il continue à essayer de faire tomber le policier ripou.

Comme souvent chez Jo Nesbo, le rythme est relativement lent, il prend le temps pour mettre en place son histoire et ses personnages. Mais une fois lancée, on est bien forcé d’admettre que c’est une mécanique fort bien réglée. Une narration maîtrisée, avec quelques pointes d’humour qui viennent alléger cette histoire de tueur en série assez glauque.

Un récit sans indulgence envers Harry Hole et ses addictions qui, même au fond du trou, arrive à percevoir ce qui constitue la trame de l’affaire qui le guidera vers la solution. A 150 pages de la fin, tout s’accélère, on croit tenir enfin le coupable, mais non, juste le temps pour l’auteur de nous faire un dernier pied de nez.
Encore un bon Nesbo, mais un cran au-dessous de son précédent roman : « Rouge-gorge »